Censure

L’Union africaine lève la suspension et acte le retour du pays dans les instances continentales

La République de Guinée signe officiellement son retour sur la scène diplomatique africaine. Réuni le 22 janvier 2026 à Addis-Abeba, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a adopté un communiqué historique actant la levée de la suspension de la participation de la Guinée aux activités de l’organisation continentale. Une décision qui marque l’aboutissement du processus de transition politique engagé depuis le changement de régime de septembre 2021.

 

Une reconnaissance du processus de transition

 

Dans son communiqué final adopté à l’issue de sa 1325ᵉ réunion, le CPS salue les efforts consentis par les autorités guinéennes dans la mise en œuvre de la feuille de route de la transition. L’institution africaine se félicite notamment de l’organisation réussie de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, considérée comme l’étape décisive du retour à l’ordre constitutionnel.

 

Le Conseil félicite également le peuple guinéen pour son engagement en faveur de la démocratie et de l’État de droit, soulignant le caractère pacifique et ordonné du scrutin.

 

La levée de la suspension : un tournant politique majeur

 

C’est le point central et le plus symbolique de ce communiqué. Le Conseil de paix et de sécurité décide officiellement de lever la suspension de la participation de la République de Guinée aux activités de l’Union africaine, conformément à l’article 26 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

 

Cette suspension, imposée après le changement anticonstitutionnel de septembre 2021, avait placé la Guinée en marge des grandes instances décisionnelles africaines. En y mettant fin, l’Union africaine reconnaît de facto le rétablissement de l’ordre constitutionnel dans le pays.

 

Mieux encore, le CPS invite la Guinée à reprendre immédiatement sa place au sein de l’organisation, ce qui signifie concrètement :

 

le retour du pays dans toutes les instances de l’UA,

 

la fin de l’isolement diplomatique continental,

et une normalisation complète de ses relations institutionnelles avec l’Afrique.

 

Cette décision constitue un signal politique fort adressé aussi bien aux autorités guinéennes qu’à la communauté internationale.

 

Un encouragement direct au président Mamadi Doumbouya

 

Dans son communiqué, le Conseil de paix et de sécurité félicite le président Mamadi Doumbouya et l’encourage à honorer ses engagements en faveur du rétablissement de la dignité du peuple guinéen. Cette mention traduit la volonté de l’UA d’accompagner le nouveau pouvoir issu des urnes dans la phase post-transition.

 

Un hommage au rôle de la Commission de l’UA et de la CEDEAO

 

L’Union africaine exprime sa profonde gratitude à sa Commission, notamment à travers la Facilité africaine de soutien aux transitions inclusives (FASTI), pour l’accompagnement technique, politique et logistique apporté à la Guinée. Elle souligne également le rôle de la CEDEAO dans le soutien au processus de transition.

 

L’organisation panafricaine salue notamment :

l’observation du référendum constitutionnel,

 

l’envoi d’une mission d’observation pour la présidentielle,

 

et l’appui global au processus de stabilisation institutionnelle.

 

Et après la transition ?

 

Si la transition est officiellement considérée comme achevée, l’Union africaine appelle toutefois les autorités guinéennes à :

 

renforcer la gouvernance inclusive,

 

poursuivre la réconciliation nationale,

 

organiser dans les meilleurs délais les élections législatives,

 

et consolider durablement la démocratie et la stabilité du pays.

 

Le CPS exhorte également les partenaires internationaux à continuer d’accompagner la Guinée dans cette nouvelle phase.

 

Une page se tourne

 

Avec la levée de la suspension, la Guinée referme un chapitre de sanctions diplomatiques et ouvre une nouvelle ère de relations normalisées avec l’Union africaine. Cette décision consacre non seulement la fin formelle de la transition, mais replace aussi le pays au cœur du concert des nations africaines, avec désormais l’obligation de transformer l’essai sur le terrain de la gouvernance, de la paix et du développement.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com