L’ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker, a rencontré la presse ce mercredi 28 janvier 2026 à sa résidence située à la cité ministérielle de Conakry. Cette rencontre a été l’occasion pour le diplomate de revenir sur la coopération entre l’Union européenne et la Guinée, notamment dans le domaine de l’assainissement.
Face aux hommes de médias, Xavier Sticker a mis en avant un projet majeur visant à améliorer la gestion des déchets dans le Grand Conakry. Il a ainsi annoncé la réalisation prochaine d’un centre de stockage temporaire à Zacopé, destiné à réduire la pression sur la décharge non régulée de Dar-Es-Salam.
Selon lui, « En 2026, notre objectif, et nous y travaillons avec Monsieur le Ministre Aboubacar Camara et le ministère de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, c’est la réalisation et la livraison d’un centre de stockage temporaire à Zacopé, qui permettra d’alléger la pression sur la décharge non régulée de Dar-Es-Salam et qui permettra ainsi d’améliorer l’assainissement à Conakry. Donc objectif, en 2026, une décharge temporaire, un centre de stockage, où les ordures arriveront de manière organisée, en complément des zones de tri et de transit au niveau des quartiers. Qui permettent ainsi de contribuer à l’assainissement et à l’amélioration de la santé, du cadre de vie des habitants du Grand Conakry. »
Ce projet, a-t-il précisé, repose sur une forte collaboration entre plusieurs acteurs institutionnels et partenaires techniques et financiers. « Cela va se faire, selon lui, avec une dimension interministérielle très forte en Guinée. Du côté des partenaires de la Guinée : l’Union européenne, l’Agence française de développement, qui est aussi un bailleur important pour ce projet, et en tant que partenaire de mise en œuvre, ENABEL. »
Revenant sur l’historique du programme, l’ambassadeur a rappelé son ampleur financière et ses premières réalisations : « il s’agit sur toute cette période d’un programme de 140 millions d’euros, commencé en 2017, qui a d’abord vu la livraison de zones de tri et de transit au niveau des quartiers de Conakry pour que les personnes qui collectent les ordures ne les rejettent pas dans l’environnement. Aujourd’hui, la moitié des déchets de Conakry ne sont pas traités, se retrouvent dans l’environnement. Ces zones de tri permettent de réduire les rejets sauvages. Encore faut-il qu’ils puissent ensuite être menés sur un lieu où ces déchets seront traités. C’est l’objet du centre de stockage de Zacopé, avec une réalisation qui était censée commencer en 2025. »
Cependant, le projet a connu un retard à la suite d’un incident majeur sur le site : « mais il s’était produit, en août de l’année dernière, un effondrement tragique sur ce site, avec un périmètre de sécurité, des travaux de consolidation et de mise à l’abri des personnes, sur la base de nos engagements, sous l’autorité de Monsieur le Premier ministre Bah Oury. L’autorisation de lancer les travaux a été donnée à la mi-décembre. Sur cette base, les travaux sont lancés à Zacopé, pour avoir dans cet espace une décharge temporaire. »
À plus long terme, les autorités guinéennes et leurs partenaires ambitionnent de doter Conakry d’une infrastructure moderne et durable : « à une étape ultérieure, et nous y travaillons avec les mêmes acteurs, il y aura, sur financement de l’Agence française de développement, un centre d’enfouissement qui sera technique, opérationnel et propre sur le site de Baritodé, au marge de Conakry. Mais encore, une série d’autorisations doivent être accordées pour que ce projet voie le jour. »
L’objectif final, selon Xavier Sticker, est clair : « le but, c’est qu’à l’horizon 2029, 2030, non seulement la décharge, le centre d’enfouissement, soit livré, avec un traitement organisé des ordures qui vont être traitées et recyclées. »
Il a également évoqué l’avenir de l’actuel site de décharge : « L’ancien site a vocation à être transformé et aménagé, de manière à ce qu’il soit même accessible aux populations. »
Concluant son intervention, l’ambassadeur de l’Union européenne a souligné l’ampleur et la complexité du chantier. « c’est un projet de grande ampleur, avec beaucoup d’ambition. Nous y travaillons avec nos partenaires, au jour le jour, avec des rendez-vous pleiniers toutes les trois semaines. »
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
