Censure

Sanoyah : un déguerpissement tourne à l’affrontement entre commerçantes et forces de sécurité

La mi-journée de ce mercredi 18 février 2026 a été particulièrement agitée dans une zone du marché de Sanoyah. Ce qui devait être une opération de déguerpissement s’est transformé en scène de tension ouverte entre des femmes vendeuses et les forces de l’ordre, venues faire appliquer une décision communale.

Selon les informations recueillies sur place, les autorités locales ont demandé aux commerçantes installées aux abords de la route de libérer l’espace public et de rejoindre le marché de Lamaniyah, désigné par la commune comme nouveau site d’installation. Une mesure qui s’inscrit dans une logique de réorganisation urbaine, mais qui n’a pas été accueillie sans résistance.

Face au refus des femmes concernées de quitter immédiatement les lieux, la situation a rapidement dégénéré. Les forces de l’ordre ont eu recours à des gaz lacrymogènes pour disperser les attroupements, provoquant panique et agitation dans le secteur.

Les vendeuses dénoncent une décision qu’elles jugent sélective et injuste. L’une d’elles, visiblement remontée, explique. « Ils nous demandent de quitter nos places pour aller au marché de Lamaniyah, ce que nous ne refusons pas. Mais les autres femmes qui sont près de nous, comme à Yakha, Diawaraya et ailleurs, ne sont pas inquiétées. Pourquoi nous et pas les autres ? S’ils veulent faire partir les femmes, cela doit concerner tout le monde. Pas de deux poids, deux mesures », dénonce une vendeuse en colère.

Au cœur du mécontentement : un sentiment d’inégalité de traitement. Les commerçantes estiment que l’opération ne vise qu’un groupe précis, alors que d’autres vendeuses installées dans des zones similaires continuent leurs activités sans être inquiétées.

En dépit de l’intervention musclée, le calme est progressivement revenu dans la zone. Au moment où nous mettions cette information en ligne, les femmes avaient regagné leurs emplacements habituels, laissant planer l’incertitude sur la suite que les autorités entendent donner à cette opération.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com