Censure

Dépôt du dossier, rôle des fondateurs, candidatures : la GMD clarifie sa démarche

À la suite de la programmation des élections législatives et communales fixées au 24 mai prochain, le mouvement GMD-Bâtir Ensemble intensifie sa mise en ordre de bataille.

Mais alors que le processus de constitution des listes de membres fondateurs dans les préfectures et communes suscite des incompréhensions et quelques tensions, le coordinateur national du mouvement, Amadou Oury Bah, est sorti de sa réserve ce lundi, au siège du mouvement à Kaloum, pour apporter des précisions sur les enjeux, les procédures et les perspectives.

Une mobilisation accélérée à l’approche du scrutin

Dès l’entame de son intervention, le coordinateur national a rappelé l’intensité des consultations menées ces dernières semaines afin d’élargir la base du mouvement : « nous avons rencontré pratiquement depuis lors, tous les acteurs, les associations, les mouvements politiques, les partis politiques, on ne peut pas citer tout ; les syndicalistes et autres et autres. Et samedi dernier nous avons rencontré les femmes, vraiment c’était la réunion qui a été la plus massive, et j’en profite pour saluer le dynamisme et l’engagement des femmes pour soutenir GMD bâtir ensemble. Comme vous le savez, l’objectif c’est d’aller vite puisque la date fixée pour la tenue des élections législatives et communales, cette date est fixée pour le 24 mai prochain. »

Deux dynamiques concurrentes : créer le parti et préparer les élections

Amadou Oury Bah a ensuite expliqué que le mouvement fait face à une double exigence : structurer juridiquement le parti tout en préparant sa participation électorale : « donc il y a deux dynamiques concurrentes qui sont en train de se faire à notre niveau : la première, il faut créer le parti, et pour créer le parti, la Charte des partis politiques exige au moins 11 membres fondateurs par préfecture pour être dans le dossier de demande de légalisation du parti politique. Au niveau de GMD, nous sommes allés au-delà pour demander aux directoires dans les préfectures avec leurs démembrements de travailler à recueillir des listes de membres fondateurs dans les sous-préfectures également, en moyenne une vingtaine de membres fondateurs par sous-préfecture. Par la suite, samedi dernier, faire un tri à leur niveau à travers une assemblée constitutive pour dégager sur les deux cents et quelques membres fondateurs, onze membres fondateurs représentant les configurations socio-politiques, socio-économiques, socio-culturelles de la préfecture. Dans beaucoup de préfectures, le processus s’est passé avec, disons, satisfaction. Dans d’autres, ce n’est pas le cas, mais comme vous le savez, rien ne peut être parfait. Nous allons corriger à la marge tout ce qui a été relativement mal fait. »

Éviter les partis à base clanique ou régionale

Au-delà des considérations administratives, le coordinateur national a justifié l’esprit de la réforme encadrant la création des partis politiques : « parce que pourquoi le législateur a demandé que les partis politiques désormais qui veulent obtenir une légalisation doivent avoir des membres fondateurs dans chacune de nos préfectures, c’est pour éviter que le parti ne soit qu’un clan ou le parti ne soit que la représentation d’une ethnie ou d’une région, d’où la nécessité absolue d’élargir les bases, d’avoir un reflet de la société guinéenne dans la composition des membres fondateurs dont les noms figureront dans le dossier de demande de légalisation. Je pense qu’ici, au niveau de la GMD, nous sommes en train de recueillir les différents dossiers qui nous parviennent de tous les côtés. »

Dépôt imminent du dossier et mise au point sur la procédure

Le coordinateur a également annoncé un calendrier précis pour le dépôt du dossier de légalisation : « nous allons y travailler et nous allons déposer au plus tard, samedi prochain ou le lundi prochain, le dossier au ministère de l’administration du territoire. Je précise également, parce que vous savez, dans ce pays, il y a des gens qui sont beaucoup plus pressés que même la lumière. La seule personne habilitée à déposer le dossier de GMD au niveau du ministère de l’administration du territoire, conformément à l’instruction du président de la République, c’est moi, Amadou Oury Bah. Ça, je tiens à le préciser parce qu’il y a des gens qui veulent faire comme Maradona, dribbler à gauche, à droite, sortir par je ne sais où. Tout cela, c’est l’ancienne pratique qui ne peut plus prospérer. Désormais, il faut aller avec sérieux, respect, transparence vis-à-vis des Guinéens, vis-à-vis de la nécessité de faire émerger des valeurs d’honnêteté et aussi d’empathie vis-à-vis de tous. »

Un statut honorifique, non un passeport pour la candidature

Autre point de clarification : le rôle réel des membres fondateurs : « bien entendu, être membre fondateur, c’est un aspect purement honorifique. Il y a des hommes et des femmes qui se sont investis pendant des mois, voire des années. Il est intéressant que ceux-là puissent avoir un privilège de voir leurs noms dans les listes qui figureront comme étant ceux qui ont demandé officiellement au ministère de l’administration du territoire de légaliser un parti auquel ils ont contribué à faire émerger, à lui donner un sens en accompagnant, très tôt, le candidat et l’ancien président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, par la suite le candidat Mamadi Doumbouya, qui a été élu avec 86,72% de voix, avec un taux de participation élevé pour qui est actuellement le président de la République.Donc cela mérite respect, mérite qu’on tienne compte d’eux, dans un sens où ceux qui seront retenus comme membres fondateurs refléteront les diversités culturelles et autres diversités socio-économiques de la société dynamique. »

Dans la foulée, il a tenu à dissiper toute confusion entre membres fondateurs et futurs candidats : « bien, j’ai dit également, pour que ce soit clair, ce ne sont pas les membres fondateurs qui auront leurs noms encartés pour le dépôt de la demande de légalisation. Cela ne donne pas un privilège pour dire nécessairement que ce seront eux les candidats. Cela n’a rien à voir. »

Un message aux exclus des listes

Enfin, Amadou Oury Bah a adressé un message à ceux qui ne figureront pas sur les listes finales : « donc, je tenais à le dire et je tiens à saluer tous ceux et toutes celles qui n’auront pas leurs noms parmi les listes des membres fondateurs, parce que c’est un échantillon de soutien du candidat Mamadi Doumbouya que nous voulons présenter et qui reflète que toute la Guinée est concentrée à travers ce nom. »

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com