Le président de la Coalition politique pour la rupture (CPR), Faya Millimono, a animé une conférence de presse ce mercredi 25 février, à la maison de la presse de Conakry, au cours de laquelle il a exprimé de vives inquiétudes quant à ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle en cours dans le pays.
Face aux journalistes, l’opposant a dénoncé ce qu’il perçoit comme une volonté de confondre l’appareil d’État avec une organisation politique : « l’État semble vouloir créer son propre partie. Au risque de confondre administration et organisation politique. Chacun de vous suit le premier ministre, qui reçoit le mandat du président de créer un parti qui s’apparente à un parti État. L’administration publique perd sa neutralité. Il faut qu’on sépare clairement l’Etat du parti. La Guinée est passée par là (…) Lorsque du parti unique, on est allé au parti État. Cela a conduit à des dérives qui ont fait fuir l’élite de ce pays. »
Dans la continuité de son propos, Faya Millimono a insisté sur la nécessité de préserver les principes démocratiques, estimant que l’impartialité de l’administration constitue un pilier fondamental de tout État de droit : « la démocratie meurt quand l’administration devient une extension d’un camp politique. Nous devons verrouiller cette séparation de l’Etat d’avec le parti. »
S’attaquant ensuite à l’utilisation présumée des ressources publiques à des fins partisanes, il a appelé à un encadrement strict de l’action gouvernementale : « il faut que nous imposions une interdiction strict de l’usage des moyens de L’Etat à des fins politiques. Parce que si le seul agenda du gouvernement de Monsieur Bah Oury est aujourd’hui la construction d’un parti État, il faut bien se poser la question : les fonds qu’il est en train d’utiliser proviennent d’où ? »
Le leader de la CPR a également plaidé pour une neutralité institutionnelle obligatoire des représentants de l’État dans les régions et les préfectures : « il faut une neutralité obligatoire des gouverneurs, des préfets, des ministres et des autres administrateurs. »
Enfin, il a mis l’accent sur la situation des agents publics, qu’il estime exposés à des pressions politiques : « il faut une protection statutaire, renforcée des agents publics. Parce que les agents publics ne sont pas suffisamment protégés, ils sont menacés à aller obligatoirement vers un parti État. »
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
