Les marchés de Madina, Taouyah et Kaporo ont été sillonnés ce mercredi 4 mars, une délégation du ministère de l’Industrie et du Commerce. Cette sortie s’inscrit dans le cadre du lancement d’une campagne nationale de contrôle des prix, de la qualité, des poids et des mesures des denrées de première nécessité.

Présent sur le terrain, Mohamed Traoré, directeur national du Commerce intérieur et de la Concurrence, a expliqué que cette initiative répond à une instruction ministérielle : « c’est effectivement répondre à une instruction de Madame la Ministre de l’Industrie et du Commerce, Madame Fatima Camara, qui a voulu donner une réponse opérationnelle à l’attente du chef de l’État quant à la stabilisation des prix des denrées de première nécessité sur les marchés nationaux. »
Selon lui, l’opération est menée simultanément sur toute l’étendue du territoire national, à travers la Direction nationale du commerce intérieur, l’Office national de contrôle qualité (ONCQ) et l’Institut guinéen de normalisation et de métrologie (IGNM). L’objectif est de vérifier l’application du protocole signé le 16 février entre la Chambre de commerce, la Direction générale des douanes et le département du Commerce. « Vous savez que des prix plafonds ont été donnés, mais on ne peut pas rester dans les bureaux. Il faut qu’on sorte pour constater », a-t-il rappelé.
Mohamed Traoré a également encouragé les citoyens à signaler tout abus via le numéro vert 142 : « appelez le 142 pour signaler tout abus. » Il a insisté sur le fait que cette opération vise à encadrer les commerçants et à protéger à la fois les vendeurs et les consommateurs, afin de « soulager le panier de la ménagère ».

Satisfaction des commerçants
De son côté, Saïkou Oumar Diallo, président de l’Assemblée des commerces de Matam et vice-président de l’Assemblée régionale de Conakry, représentant le président de la Chambre nationale, s’est dit satisfait des constats faits sur le terrain : « les opérateurs économiques, dans son ensemble, respectent les prix protocoles édités dans le document que nous avons naturellement signé avec l’État. »
Il souligne même des initiatives commerciales adaptées au contexte : « certains parmi eux font même ce qu’on appelle prix promotion Ramadan. »
Selon lui, les mesures prises par les autorités, notamment la réduction de la valeur mercuriale et l’allègement de certaines charges au port, ont eu un impact positif sur les marchés visités. « aujourd’hui les consommateurs n’ont pas à se plaindre parce que le daré, il y en a en quantité, en qualité, mais aussi à un prix abordable. »

Conformité des poids et vigilance recommandée
Sur l’aspect technique, Pépé Pascal Korovogui, directeur général adjoint de l’IGNM, a détaillé le rôle de son institution dans cette mission : « cette mission est là pour contrôler (…) la mise en place effective des prix plafonds (…) et l’IGNM est en charge de contrôler le contenu net des différents préemballés. »
Après plusieurs prélèvements à Madina, il affirme : « on a constaté que, en majorité, le poids est conforme au niveau des sacs de riz et des sacs de sucre. » Quelques variations ont toutefois été relevées au niveau de l’oignon, liées à l’humidité du produit.
Il appelle vendeurs et consommateurs à plus de vigilance et rappelle également l’importance du numéro vert 142.

Retirer les produits non conformes
Pour Mohamed Kadiatou Sylla, directeur national de l’Office national de contrôle qualité, cette campagne s’inscrit dans une dynamique plus large de protection du consommateur : « l’objectif est tout simple, c’est de retirer du marché tous les produits non conformes qui ne répondent pas aux normes sur le territoire guinéen. »
Il précise que des agents ont été déployés à Conakry ainsi que dans les 33 préfectures du pays. La mission, qui s’étendra sur plusieurs semaines, privilégie d’abord la sensibilisation, mais des sanctions sont prévues en cas d’infractions graves : « si nous trouvons des produits qui ne répondent pas aux normes réelles et qui affectent dangereusement la santé des consommateurs, c’est de mettre ces forfaitaires à la disposition des autorités judiciaires. »

À travers cette campagne, les autorités entendent instaurer un marché plus régulé, protéger la santé publique et garantir un commerce loyal au bénéfice de la population guinéenne.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
