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Duarte en tournée européenne : binationaux, le plan Guinée 2027

De janvier 2026 à 2027, Paulo Duarte sillonne l’Europe et le Moyen-Orient pour convaincre des binationaux de rejoindre le Syli et porter la Guinée jusqu’à la CAN 2027.

Duarté en tournée européenne : chasse aux binationaux pour 2027

Du 10 au 20 janvier 2026, Paulo Duarté a sillonné l’Europe. Italie, Belgique, France, Espagne. Onze jours de tournée intensive pour le sélectionneur du Syli National de Guinée. Objectif ? Convaincre des joueurs binationaux de choisir la Guinée pour la Coupe d’Afrique des Nations 2027. Une mission cruciale pour un pays absent de toutes les compétitions majeures en 2026 et qui cherche à reconstruire. Les passionnés suivant l’évolution de la sélection guinéenne sur 1xbet cd apk espèrent que cette offensive portera ses fruits.

Accompagné de son adjoint De Ruiz Ramos Tiago, du team manager Ousmane Decazy Camara et du membre du Comité exécutif Mohamed Lamine Nabé, Paulo Duarté est parti à la rencontre des talents guinéens dispersés à travers l’Europe. Une chasse aux binationaux méthodique, planifiée, ciblée.

Un projet pour convaincre

Paulo Duarté, 56 ans, débarqué à Conakry en août 2025, n’est pas un inconnu du football africain. Ancien sélectionneur du Burkina Faso, du Gabon, du Togo, il connaît le continent. Il sait que pour réussir, il faut des joueurs de qualité. Et en Guinée, ces joueurs ne manquent pas. Sauf qu’ils sont souvent nés ailleurs, ou qu’ils hésitent entre plusieurs sélections.

C’est là que le travail de persuasion commence. Lors de cette tournée européenne, Duarté a rencontré des dizaines de joueurs binationaux. Certains évoluent en Serie A, en Ligue 1, en Bundesliga. D’autres dans des championnats moins côtés mais avec du potentiel. Le message est simple : la Guinée a besoin de vous.

Ibrahima Blasco Barry, le secrétaire général de la Fédération guinéenne de football, l’a confirmé lors de la session du Comité exécutif du 27 janvier : « De nouveaux joueurs binationaux ont été contactés. Il y a aussi des joueurs qui sont restés réticents depuis longtemps qui, de façon formelle, ont donné leur accord de pouvoir accompagner l’Équipe Nationale dans les prochaines compétitions. »

Des accords de principe. Pas encore officiels, mais encourageants. Preuve que le discours de Duarté fonctionne.

Un argumentaire solide

Qu’est-ce que Paulo Duarté propose à ces binationaux ? D’abord, un rôle central. Pas question d’être un simple remplaçant. Ceux qui rejoignent le Syli auront du temps de jeu, de la responsabilité. Ensuite, une intégration rapide au groupe, peu importe le club ou le championnat d’origine.

Mais surtout, Duarté vend un projet à long terme. Qualifier la Guinée pour la CAN 2027. Atteindre au minimum les demi-finales. Installer le Syli dans le top 10 africain au classement FIFA. Des objectifs ambitieux, certes, mais assumés.

Le ministre des Sports guinéen, Kéamou Bogola Haba, a assuré que l’État « accompagnera pleinement cette dynamique pour faire rayonner le football guinéen ». Des promesses. Reste à voir si elles se concrétiseront.

Pourquoi la Guinée galère

La Guinée n’a pas participé à la CAN 2025 au Maroc. Première absence depuis 2017. Une désillusion. Et pour cause : jouer ses matchs à domicile… à l’étranger, ça complique tout. Le stade du 28 Septembre à Conakry est fermé. Pas homologué par la CAF. Idem pour le stade Général Lansana-Conté.

Résultat ? Le Syli a disputé ses qualifications au Maroc, au Cameroun, loin de son public. Pas d’avantage du terrain. Pas de soutien des tribunes. Et ça se voit dans les résultats. Éliminée dès les qualifications, la Guinée a raté le coche.

Paulo Duarté hérite donc d’une situation difficile. Une équipe en crise de confiance. Des infrastructures défaillantes. Un football local qui stagne. Mais le Portugais a un atout : son expérience. Et sa capacité à aller chercher des joueurs là où ils sont.

Une tournée qui va se poursuivre

Après l’Europe, Paulo Duarté a programmé une mission au Moyen-Orient. Direction l’Arabie Saoudite et le Qatar pour rencontrer d’autres joueurs guinéens qui évoluent dans cette région. Le travail de proximité continue.

Car c’est ça, la stratégie de Duarté : ne pas attendre que les joueurs viennent à lui, mais aller les chercher. Leur montrer que la Guinée est sérieuse, qu’elle a un plan, qu’elle mérite leur engagement.

Certains binationaux ont déjà franchi le pas. Lors des récentes convocations, des nouveaux profils ont fait leur apparition. Jeunes talents prometteurs et joueurs plus expérimentés, le sélectionneur mélange les profils. Une alchimie qu’il faut encore peaufiner.

Des sites comme cafonline.com ont souligné que cette approche proactive pourrait changer la donne pour la Guinée. Plutôt que de subir, la fédération prend les devants. Elle investit dans le recrutement. Elle structure son projet.

Les défis qui restent

Mais convaincre des binationaux, c’est une chose. Les intégrer, les faire performer ensemble, c’en est une autre. Paulo Duarté le sait. Il insiste sur l’importance d’un projet collectif solide. Parce qu’un joueur ne vient pas juste pour le maillot. Il vient pour gagner, pour grandir, pour marquer l’histoire.

Et puis, il y a la concurrence. La France, la Belgique, l’Espagne… tous ces pays courtisent les mêmes profils. Pourquoi choisir la Guinée quand on peut jouer pour une nation plus prestigieuse ?

La réponse de Duarté : le temps de jeu et l’importance dans le projet. En France, tu seras peut-être sur le banc. En Guinée, tu seras titulaire, tu seras une star, tu porteras l’espoir de tout un pays.

C’est un pari. Mais visiblement, ça marche. Des joueurs longtemps hésitants ont donné leur accord. D’autres réfléchissent encore. La deadline approche : les éliminatoires de la CAN 2027 commenceront bientôt.

Résider en Guinée, un choix fort

Contrairement à plusieurs de ses prédécesseurs qui géraient l’équipe depuis l’Europe, Paulo Duarté réside à plein temps en Guinée. Ses deux adjoints également. Une présence permanente censée renforcer la proximité avec les joueurs locaux et améliorer le suivi des binationaux.

C’est un signal. Celui d’un sélectionneur impliqué, investi, qui ne fait pas les choses à moitié. Les joueurs le voient. La fédération aussi. Et ça crée de la confiance.

Sous contrat jusqu’en août 2027, Paulo Duarté a le temps de bâtir quelque chose. Mais le football ne pardonne pas. S’il ne qualifie pas la Guinée pour la CAN 2027, son aventure pourrait s’arrêter là.

En attendant, la tournée européenne a porté ses fruits. Des contacts établis. Des accords de principe obtenus. Des talents identifiés. Maintenant, il faut concrétiser. Transformer les promesses en convocations. Les convocations en performances. Et les performances en qualifications.

Le Syli National a les crocs. Paulo Duarté aussi.