En visite officielle en Guinée, le ministre délégué français chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, Nicolas Forissier, a animé un point de presse dans la soirée de ce mercredi 8 avril 2026, à la résidence de l’ambassadeur de France, au quartier de la Minière à Conakry. Une intervention au cours de laquelle il a insisté sur la volonté des deux pays de consolider leur coopération économique, tout en annonçant des mécanismes de suivi plus rigoureux des projets en cours.
Une visite à forte portée symbolique et stratégique
Arrivé à Conakry à la demande du président français Emmanuel Macron, le ministre a souligné la dimension à la fois politique et économique de son déplacement. « Presqu’au terme de cette visite bilatérale que j’ai effectuée à la demande du Président de la République française Emmanuel Macron, après qu’on ait discuté avec le Président Doumbouya, l’idée était que cette visite sur le plan économique permette de renforcer, de mieux structurer encore notre coopération guinéo-française qui est excellente », a-t-il déclaré.
Il a également mis en avant l’objectif principal de sa mission : « le message principal de ma présence hier soir et aujourd’hui ici à Conakry, c’est vraiment que nous sommes au travail pour renforcer ce partenariat gagnant-gagnant entre la Guinée et la France, en particulier sur les questions économiques, les échanges entre nos entreprises et les partenariats que nous pouvons construire dans différents domaines. »
Des échanges au plus haut niveau
Durant son séjour, Nicolas Forissier a été reçu par le président de la transition Mamadi Doumbouya, ainsi que plusieurs membres du gouvernement.
« J’ai pu échanger à ce sujet avec le Président Doumbouya qui m’a reçu longuement. Je lui en sais vraiment gré, car c’était un honneur pour moi. Nous avons pu échanger sur beaucoup de sujets. J’ai rencontré aussi le ministre des Affaires étrangères, la ministre des Finances », a-t-il précisé.
Il a rappelé que cette visite s’inscrit dans une dynamique souhaitée par les deux chefs d’État, visant à intensifier les partenariats économiques et les investissements croisés.
Plus d’un milliard d’euros engagés en Guinée
Le ministre a insisté sur l’importance des investissements français en Guinée, évalués à plus de 1,2 milliard d’euros. « Au total, un milliard 200 millions d’euros sont engagés dans ce partenariat avec la Guinée. Ce sont des projets extrêmement concrets de développement ou de partenariats économiques, et nous entendons bien continuer », a-t-il affirmé, citant notamment l’implication de l’Agence française de développement, de BPI France et de Business France.
Ces investissements couvrent plusieurs secteurs jugés stratégiques pour le développement du pays.
Santé, industrie et infrastructures : des secteurs prioritaires
Parmi les domaines phares de la coopération, Nicolas Forissier a évoqué le secteur de la santé, avec notamment le projet de laboratoire de biologie médicale de Institut Pasteur à Conakry. « J’ai fait cet après-midi une visite sur le site de l’Institut Pasteur, qui va bientôt ouvrir son laboratoire de biologie médicale. Ce sera inauguré le 15 avril prochain. C’est donc dans le domaine de la santé un sujet sur lequel nous investissons beaucoup ensemble », a-t-il indiqué.
Il a également mentionné la construction de quatre centres hospitaliers dans différentes régions du pays, cofinancés avec des partenaires français.
Dans le secteur industriel, le ministre s’est rendu à la Sobragui, aujourd’hui gérée par le groupe Castel. « C’est une entreprise historique guinéenne qui aujourd’hui est gérée par le groupe Castel, qui investit 100 millions d’euros dans une nouvelle usine et qui va continuer à moderniser le site actuel », a-t-il expliqué.
Simandou 2040 et valorisation des ressources minières
Le projet Simandou 2040 a également été au cœur des discussions, notamment en ce qui concerne le développement urbain et la gestion des déchets à Conakry.
Le ministre a évoqué « l’accompagnement des projets visant à traiter la décharge de la Minière », ainsi que des initiatives de centres d’enfouissement technique.
Par ailleurs, il a mis en avant les projets de transformation locale de la bauxite, notamment à travers le projet de raffinerie d’alumine porté par Alteo. « C’est un bon exemple de partenariat gagnant-gagnant. Il est intéressant pour la Guinée parce qu’il permet de valoriser et de créer de l’emploi sur place (…) et en même temps, la France peut sécuriser ses approvisionnements », a-t-il souligné.
TNT et numérique : des projets en cours
Le projet de télévision numérique terrestre (TNT) figure également parmi les priorités de coopération. « Je sais que le président et le Premier ministre sont très attachés à ce projet. La France est engagée, notamment avec Thomson Broadcast. Nous avons des sujets franco-français en cours de règlement pour mieux organiser le financement », a expliqué Nicolas Forissier.
Vers un mécanisme de suivi renforcé
Au-delà des annonces, le ministre a insisté sur la nécessité de garantir la mise en œuvre effective des engagements pris. « Nous avons décidé (…) de créer une sorte de groupe informel de travail pour suivre de façon plus structurée ces partenariats, ces projets, pour lever les freins quand il y en a », a-t-il annoncé.
Dans cette dynamique, il prévoit déjà un retour en Guinée dans les prochains mois. « Je reviendrai pour vérifier que les choses avancent (…) Je le ferai certainement d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine », a-t-il conclu.
Une relation bilatérale en pleine intensification
Enfin, Nicolas Forissier a mis en lumière l’intensité actuelle des relations entre Conakry et Paris, marquées par des échanges réguliers entre responsables politiques et la participation prochaine de la Guinée à plusieurs rencontres internationales, dont le sommet Afrique-France prévu à Nairobi. « Vous voyez que la relation politique est intense, que le moment entre la Guinée et la France est fort de beaucoup de travail et d’efforts de structuration », a-t-il résumé.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
