Le Premier ministre de la République du Sénégal, Ousmane Sonko, a livré un discours sans détour dans lequel il a vivement critiqué la politique internationale menée par le président des États-Unis, Donald Trump. Dans une intervention marquée par un ton incisif, il a remis en cause le rôle de Washington dans la stabilité mondiale et l’efficacité de ses engagements militaires.
Ousmane Sonko a dressé un portrait critique du dirigeant américain : « monsieur Trump n’est pas un homme de paix, c’est un homme de déstabilisation du monde. »
Poursuivant son analyse, le chef du gouvernement sénégalais s’est interrogé sur le bilan global de la politique américaine sous Donald Trump, notamment en matière de sécurité et de paix dans le monde : « il paraît que le président Donald Trump aime à demander à tous ceux qu’il rencontre s’il méritait qu’on lui décerne le prix Nobel de la paix. Je pense qu’il n’y a pas à répondre à cette question. La seule qui veille d’être posée en termes de réponse, c’est de se demander, est-ce que depuis un an qu’il est au pouvoir à la tête de la plus de la superpuissance que sont les États-Unis? ? Est-ce que le monde est plus sûr? ? Est-ce que le monde est plus stable? ? Est-ce que le monde est en paix? ? Et si la réponse est négative, quelle est sa responsabilité exclusive par rapport à cette déstabilisation du monde qui, apparemment, est devenu dangereux pour tout le monde, y compris pour lui-même ? »
Dans la suite de son intervention, Ousmane Sonko a également dénoncé ce qu’il considère comme une imposition extérieure de modèles politiques, en contradiction avec les principes de souveraineté nationale : « imposer la démocratie (…), les logiques internes et nationales ne s’imposent pas de l’extérieur. Enlever. Des présidents en fonction, les enlever pour les exfiltrer et les soumettre à votre justice ne relève pas de la démocratie. Si cela devait s’entendre en terme de droit international. »
Le Premier ministre sénégalais a ensuite élargi son propos à l’historique des interventions militaires occidentales, qu’il juge inefficaces et déstabilisatrices : « quelle guerre a été gagnée ? Aucune. Aucune guerre n’a été gagnée. Les États-Unis et l’Occident avec, se sont livrés à beaucoup de guerres ces dernières décennies. Ils n’ont pas gagné la guerre du Vietnam. Ils n’ont pas gagné la guerre en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie. Ils n’ont pas gagné la guerre même en Somalie, où ils ont été obligés de se retirer, poursuivis par des bandes armées. À part semer le chaos et le désordre derrière eux dans ces pays, aucune de ces guerres n’a été gagnée parce qu’aucun des objectifs n’a été atteint. On ne citera pas ces pays comme des exemples de démocratie sous la conception occidentale s’entend. »
Enfin, évoquant le cas iranien, il a souligné, selon lui, l’échec des objectifs fixés par les États-Unis dans leurs relations conflictuelles avec Téhéran : « quel objectif était assigné pour la guerre en Iran ? C’était de remplacer un régime, cela n’a pas été fait. Le même régime est dans sa version la plus radicale, la plus dure, va continuer et les États-Unis sont obligés de discuter et de négocier avec ce régime. Réduire les capacités balistiques de l’Iran, ça n’a pas été atteint. Imposer à l’Iran de renoncer à tout programme nucléaire, civil comme militaire, n’est pas un objectif atteint. Aucun des objectifs n’a été atteint, et pourtant le monde est plongé dans un chaos que rien ne justifie. »
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
