Censure

Grève ou dialogue : le SLECG tranche et temporise

Le spectre d’une nouvelle crise dans le secteur de l’éducation refait surface. Alors que certaines factions syndicales, notamment le SNE, agitent la menace d’une grève imminente, le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) adopte, lui, une posture plus mesurée.

Son secrétaire général, Aboubacar Soumah, rappelle d’abord le contexte de cet engagement :
« Nous avons signé un protocole d’accord le 3 janvier portant sur certains points de revendication, sur les 13 qui avaient été formulés par l’intersyndicale de l’éducation. »

Cet accord, précise-t-il, devait être suivi par une reprise des négociations après la mise en place du gouvernement, intervenue à la suite des élections du 28 décembre. Mais entre-temps, un nouvel élément est venu rebattre les cartes : l’intervention du Conseil national du dialogue social (CNDS).

En effet, selon Aboubacar Soumah, les syndicats ont été sollicités pour accorder un délai aux nouvelles autorités :
« Nous avons été saisis par le président du CNDS afin d’accorder un moratoire de 100 jours au président de la République. »

Un compromis accepté sans réserve par le SLECG :
« Une demande que nous avons acceptée de notre plein gré, sans contrainte. »

Aujourd’hui, ce délai arrive à son terme, ravivant les tensions au sein du mouvement syndical. Pourtant, contrairement à d’autres structures qui envisagent une grève, le SLECG refuse de précipiter les choses.
« Pour le moment, pour nous, le SLECG, en tant qu’institution responsable, il n’est pas question d’appeler à une assemblée générale pour aller en grève », a martelé son secrétaire général.

Le syndicat privilégie plutôt la pédagogie interne, notamment pour informer les enseignants sur les réalités du moratoire :
« Nous pouvons convoquer une assemblée générale pour donner des explications aux enseignants, car tous ne sont pas informés de ce moratoire. Mais pas pour les mobiliser en vue de déclencher une grève. »

Une posture qui tranche avec la ligne dure défendue par certaines factions syndicales et qui pourrait révéler des divergences au sein de l’intersyndicale de l’éducation.

À l’heure où les 100 jours de moratoire arrivent à expiration, l’avenir du dialogue social dans le secteur éducatif reste incertain. Entre appels à la grève et volonté d’apaisement, le bras de fer semble inévitable… mais pas encore déclenché.

Ibrahima Sory Diallo pour Guinee7.com