Le public guinéen, venu nombreux, a découvert dans la soirée du samedi 11 avril 2026, en avant-première, le film Kairaba. La projection s’est déroulée dans un réceptif hôtelier de Conakry, en présence du ministre de la Culture et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, et de la ministre du Commerce et de l’Industrie, Fatima Camara.

Ce long métrage d’une durée d’une heure 49 minutes retrace les déboires d’une jeune femme, “Kairaba”, confrontée à un environnement professionnel marqué par l’infidélité, le harcèlement, la tromperie ainsi que les effets néfastes des réseaux sociaux.

La soirée a également été marquée par la remise de trophées aux meilleurs sponsors, ambassadeurs et employés de Kandelands Studios qui se sont distingués. Mariama Condé, interprète principale, a été primée meilleure actrice, tandis que Cheick Oumar Keita a été désigné meilleur acteur.

Prenant la parole, la cinéaste guinéenne et patronne de Kandelands Studios, Fatoumata Kande, a exprimé son émotion et sa satisfaction face à la mobilisation du public. Elle confie : « c’est un long métrage d’une heure 49 minutes. Et mes sentiments aujourd’hui, c’est un sentiment de joie, de satisfaction. Je suis très heureuse de voir combien de fois les gens sont sortis. Je suis heureuse et je n’ai pas de mot. Je rends grâce à Dieu pour ça. »
Revenant sur les thématiques abordées dans le film, elle souligne : « tous nos contenus que nous présentons véhiculent un message particulier. Je pense que dans ce dernier, vous avez dû voir un bon nombre de messages : l’influence des réseaux sociaux, l’infidélité qui est très courante dans les sociétés africaines, le soutien, parfois, le manque de soutien de nos familles lorsqu’on se retrouve face à une humiliation. Et ce sont des situations que nous vivons au jour le jour, mais qui sont très peu dénoncées. Et c’est ce qu’on a fait ressortir. »

La réalisatrice a également mis en avant la portée symbolique de cette production, au-delà de la simple projection cinématographique : « ce soir, ce n’est pas seulement la projection d’un film, c’est la célébration d’une ambition. Quand j’ai fondé Kandeland Studios en 2019, j’avais un rêve simple mais immense, prouver que la Guinée peut produire de l’excellente cinématographie aux standards internationaux. Les films Légitime Défense, Vivre pour T’aimer, Voyageurs, et aujourd’hui, Kairaba, sont l’aboutissement de ce rêve. Tous ces films sont nés d’une conviction profonde. Nos histoires méritent d’être racontées avec la plus grande exigence technique et esthétique. Avec Kairaba, nous n’avons pas seulement fait un film, nous avons investi dans une vision, un investissement de passion, de temps et de rigueur pour que chaque image que vous allez voir ce soir soit une source de fierté nationale. »
Elle a enfin lancé un appel aux décideurs, aux partenaires et à la jeunesse guinéenne : « à travers le projet Kairaba, nous envoyons un message aux décideurs, au secteur privé et public, mais surtout à la jeunesse guinéenne. L’excellence est possible ici, chez nous. Mais pour que cette industrie grandisse, elle a besoin de vous. Elle a besoin d’un public guinéen qui accepte nos oeuvres et qui nous aide à les vendre. Elle a besoin de soutien institutionnel et de partenaires audacieux comme ceux que nous avons déja eus et ceux que nous aurons dans le futur. »

De son côté, le ministre de la Culture et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a salué la qualité de la production et le talent des acteurs : « il démontre qu’en Guinée, le talent existe, les capacités existent, la créativité également existe et la volonté de produire au standard international est aussi et Mme Fatoumata Kande le démontre à travers la qualité de Kairaba. C’est un travail extraordinaire qui a su, avec une telle dextérité, peindre l’une des réalités les plus sombres des vies de couple, mais aussi les abus des réseaux sociaux, la mise en scène, les acteurs qui ont réussi à faire corps avec les rôles qu’ils ont joués, tout était parfaitement bien maîtrisé. Je pense que Kairaba donne un peu là le top départ d’une nouvelle génération de producteurs, de jeunes cinéastes capables d’aller à la conquête du monde. Je tiens donc à leur dire merci et félicitations »
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
