Le tribunal de Kaloum a examiné, ce lundi, le dossier de Thierno Mouctar Diallo, un chauffeur de 26 ans poursuivi pour des faits de terrorisme et de port illégal de tenue militaire. À la barre, le prévenu a reconnu partiellement les faits tout en tentant d’apporter des explications sur les circonstances de son interpellation.
Selon le juge, les faits reprochés à Thierno Mouctar Diallo lui ont été imputés au terme de l’instruction. Il est notamment accusé d’avoir, en 2025, porté illégalement une tenue militaire, dans un contexte jugé sensible.
Une reconnaissance partielle des faits
Face au tribunal, le prévenu n’a pas nié avoir porté un habit de type militaire, tout en précisant : « ce n’est pas la tenue complète. C’est une jacket camouflage que j’ai acheté en Mauritanie ».
Revenant sur les circonstances de son arrestation, il a livré sa version des faits : « j’etais à Lambangni, j’ai reçu un appel d’un ami qui m’a dit que ma mère a été arrêté et elle a été conduite en ville. Le lendemain je suis venue à Kaloum (…) J’ai un grand dans l’effectif des forces spéciales, commandant Keita, je suis allé le voir pour faciliter les choses. Je voulais rencontrer le commandant Keita, quand je me suis un peu arrêté là-bas, vers la station. Je ne l’ai pas vu, je me suis dit de bouger. C’est là qu’ils m’ont arrêté en me disant pourquoi j’étais là-bas ? »
Interrogé sur son parcours, il a indiqué : « avant de partir à l’aventure je travaillais dans une usine de fabrication de tôles. »
Une tenue controversée
Concernant la veste camouflage au cœur de l’accusation, le prévenu a tenté de relativiser sa portée : « en Mauritanie, on portait ça là-bas, on ne nous avait pas arrêté.. »
Il a également rejeté toute implication dans des activités terroristes, affirmant : « je n’ai jamais rencontré un terrosriste. »
Une lettre au contenu trouble
Parmi les éléments du dossier figure une lettre retrouvée sur lui lors de son interpellation, dont le contenu n’a pas été rendu public. À ce sujet, Thierno Mouctar Diallo a expliqué : « la lettre là, je l’ai ramassé en cour de route à Madina. J’ai gardé en pensant que c’etait de l’argent qui était dedans puisque c’etait dans une enveloppe. Ils m’ont arrêté avec cette lettre. J’ai lu la lettre. »
Ces éléments ont suscité des interrogations du tribunal et du parquet, allant jusqu’à évoquer la question d’éventuels troubles mentaux, ce que le prévenu a catégoriquement rejeté.
Entre incompréhension et regrets
Assisté de son avocate, le prévenu a exprimé son incompréhension face aux accusations portées contre lui : « je suis accusé dans mon propre pays d’être complice de terrorisme. Alors qu’ailleurs on ne m’a pas accusé de cela. Je n’en dors pas la nuit. Je passe toute la nuit à réfléchir à ça. »
La procureure, revenant à la charge, a notamment évoqué des inscriptions retrouvées sur le vêtement incriminé, notamment « Dieu est unique » et « face illuminati ». En réponse, il a déclaré : « j’ai écrit ça sur ce camouflage pour ne pas qu’on me le retire. Mais ça n’a aucun sens. »
Interpellé sur son comportement, notamment sa présence aux abords de la présidence dans une telle tenue, le prévenu a reconnu une faute : « c’est une erreur. Ça m’a appris beaucoup de choses. Je regrette. Je ne vais jamais porter…»
Avant de conclure : « quand je sors d’ici, je vais aller directement dans mon village. »
À l’issue de l’audience, le juge a décidé de renvoyer l’affaire au 27 avril prochain pour la suite des débats.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
