À quelques jours d’une échéance électorale dans la commune de Matam, la situation de Badra Cheickna Koné, ancien président de la délégation spéciale et tête de liste du parti Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), alimente les débats. Placé en détention depuis près d’une semaine à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DPJ), à Kaloum, son cas suscite une mobilisation grandissante au sein de son équipe de campagne.
Ce mardi, plusieurs membres de la liste GMD de Matam se sont rendus devant les locaux de la DCPJ pour s’enquérir de son sort et faire entendre leur position.
Au nom des 41 conseillers engagés sur cette liste, Touré Aboubacar a pris la parole pour exprimer leurs préoccupations. Face à la presse, il a expliqué que leur démarche se voulait d’abord informative, avant de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une situation irrégulière : « nous sommes aujourd’hui devant la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DPJ) pour venir aux nouvelles de notre tête de liste, M. le Maire Badra Koné. Ce que nous constatons, c’est que notre candidat est aujourd’hui détenu de façon illégale. Pourquoi je dis illégale ? Parce que M. Badra Koné s’est présenté de lui-même à la suite d’une invitation. Depuis son arrivée, sa garde à vue a été renouvelée à plusieurs reprises, dépassant largement les délais prévus par la loi.»
Selon ce candidat, aucune charge concrète ne justifierait, à ce stade, la prolongation de la détention de leur leader politique : « il est important de préciser qu’à ce jour, aucune preuve concrète n’a été apportée contre lui. Sa détention semble uniquement reposer sur les dires d’autres candidats de Matam. Pourtant, l’article 66 du Code Électoral Guinéen est très clair : aucun candidat ne peut être privé de sa liberté durant la période de campagne électorale.»
Dans ce contexte, les membres de la liste GMD appellent les autorités compétentes à se saisir du dossier, estimant que le respect des règles électorales est en jeu : « nous lançons un appel solennel aux autorités du pays, à tous les niveaux, pour que la loi soit respectée et que M. Badra Koné soit libéré immédiatement. Nous tenons à dire fermement que nous ne sommes pas prêts à ce qu’il y ait des élections communales à Matam tant que notre candidat n’est pas libre. Pour qu’il y ait une compétition juste, il faut que tous les candidats soient libres de circuler et de battre campagne. »
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
