Conakry- Le ministre Ousmane Gaoual Diallo dévoile les nouvelles mesures du gouvernement pour moderniser le secteur et faciliter l’accès des jeunes à des véhicules de transpor
Le secteur du transport urbain guinéen pourrait connaître d’importants changements dans les prochains mois. Le gouvernement annonce une série d’initiatives destinées à renouveler le parc automobile, améliorer les conditions de déplacement des citoyens et renforcer l’offre de transport collectif.
Face aux journalistes ce lundi à Kaloum, lors de la conférence de presse du porte-parolat du gouvernement, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a présenté les principales actions engagées par son département. Parmi les mesures annoncées figurent un programme d’acquisition de nouveaux taxis et l’arrivée prochaine de 200 bus destinés au transport public.
Selon le ministre, cette stratégie intervient dans le cadre de la mise en œuvre des engagements pris par les différents départements ministériels après la présentation de leurs bilans d’activités.
Un dispositif pour remplacer progressivement les anciens taxis
Pour améliorer la qualité du transport urbain, le gouvernement veut encourager le renouvellement des taxis en circulation. Ousmane Gaoual Diallo a indiqué qu’un partenariat a été établi avec un opérateur privé afin de permettre l’importation de véhicules neufs accessibles aux professionnels du secteur.
Le ministre explique que l’État accompagne cette opération afin de réduire les coûts et faciliter l’accès aux véhicules, aussi bien pour les entreprises que pour les particuliers : « j’ai évoqué le lancement de l’opération de renouvellement du parc automobile, notamment pour les taxis. En quoi cela consiste-t-il ? Nous avons identifié un partenaire privé avec lequel nous avons mobilisé des fonds pour importer des véhicules. L’État accompagne l’importateur pour maintenir des coûts raisonnables. Ces véhicules sont vendus à moins de 150 millions de francs guinéens. Pour les entreprises, la commande se fait en fonction de leurs capacités de remboursement. Pour une personne physique, nous avons fixé le montant de base autour de 15 à 16 millions de francs guinéens, soit quasiment le prix d’une moto pour repartir avec une voiture. »
Des conditions simplifiées pour attirer les jeunes conducteurs
Le responsable du département des Transports a également insisté sur la volonté des autorités de rendre ce programme accessible aux jeunes, notamment ceux évoluant dans le transport à moto.
Pour cela, les démarches administratives ont été réduites et un mécanisme de suivi des véhicules sera mis en place afin d’assurer leur entretien et leur conformité : « afin d’éviter que les tracasseries administratives ne freinent les jeunes, les exigences ont été réduites au minimum. Cela nous permet de suivre le véhicule à distance, de veiller à son assurance et de s’assurer que l’entretien est fait selon les recommandations du constructeur. Le remboursement s’étale sur 24 à 36 mois, permettant à l’utilisateur de devenir définitivement propriétaire. Nous voulons ainsi encourager les conducteurs de taxis-motos à passer à l’automobile pour offrir un cadre plus sécurisé et améliorer la circulation.»
200 bus attendus pour renforcer le transport public
En plus du renouvellement des taxis, le gouvernement prévoit d’augmenter la capacité du transport collectif avec l’arrivée annoncée de 200 nouveaux bus.
Ces véhicules seront gérés par des sociétés qui seront sélectionnées à travers un appel d’offres en cours. Le ministre reconnaît toutefois que la rentabilité reste un défi majeur pour les entreprises de transport public, en raison notamment des tarifs sociaux appliqués à certaines catégories d’usagers : « en parallèle, ce même partenaire financier va importer 200 bus pour le transport public. Un appel d’offres est en cours pour sélectionner les sociétés de gestion. Comme la principale difficulté des entreprises de transport public a toujours été la rentabilité face à des tarifs imposés très bas pour les étudiants, les militaires ou les fonctionnaires, nous travaillons à structurer ce modèle. »
Une mise en circulation prévue en début d’année prochaine
Avant leur déploiement sur le terrain, ces bus devront passer par plusieurs étapes, notamment la sélection des gestionnaires, les contrôles techniques et la vérification de leur adaptation aux réalités guinéennes.
Ousmane Gaoual Diallo rappelle que les expériences passées ont montré l’importance d’adapter les équipements aux conditions locales : « entre la fin de l’appel d’offres en août et la livraison des véhicules, il faut compter sur un début de mise en service en début d’année, le temps que nos ingénieurs vérifient la conformité des bus commandés. Pour l’anecdote, lors d’une précédente livraison de bus Ashok Leyland, les sièges n’étaient pas adaptés aux réalités locales. Il est donc essentiel de commander des véhicules répondant à des spécifications précises, prenant en compte l’état de nos routes et notre climat»
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
