Conakry-Kaman Gogana Konomou, matricule 588530 N, a été radié du corps de la magistrature guinéenne. Cette décision a été rendue publique samedi 1er août 2026 par décret présidentiel. Selon le texte, il est radié pour « manquements aux obligations statutaires particulières de réserve, d’honneur, de dignité, de probité et de loyauté ».
Avant novembre 2025, Kaman Gogana Konomou exerçait les fonctions de juge d’instruction au tribunal de première instance de Kindia. Le 1er septembre 2025, il avait été nommé, par décret, juge d’instruction au tribunal pour enfants de Conakry, une décision qu’il avait vivement contestée.
« Le décret du 1er novembre 2025 du président de la République est un décret illégal. C’est un décret qui n’est pas conforme à la loi », avait-il déclaré dans plusieurs médias.
Selon lui, le chef de l’État avait affirmé, après sa prise de fonctions le 21 septembre, que « la justice serait la boussole de tous les Guinéens ». Kaman Gogana Konomou estimait toutefois qu’il aurait fallu dire que « la loi serait la boussole qui guiderait tous les Guinéens », ce qui impliquerait que toutes les décisions présidentielles soient conformes à la loi.
Le magistrat soutenait également que le décret contesté violait l’article 150 de la Constitution du 26 juin 2025, ainsi que les lois 054 et 055 du 17 mai 2013, respectivement relatives au statut des magistrats et au Conseil supérieur de la magistrature.
« Pourquoi dis-je que ce décret est manifestement et constamment illégal ? Parce que, conformément à l’article 16 de la loi 054 du 17 mai 2013, le magistrat, dans l’exercice de ses fonctions, n’est soumis qu’à la seule autorité de la loi », expliquait-il. Il ajoutait que toute nomination d’un magistrat devait donc être effectuée dans le respect des dispositions légales.
Kaman Gogana Konomou rappelait également que, selon l’article 150 de la Constitution du 26 juin 2025, les magistrats sont nommés par le président de la République sur proposition du ministre de la Justice, garde des Sceaux, après avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature.
Poursuivant son argumentation, il affirmait que « les magistrats guinéens ont été nommés, déplacés et affectés sans avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature ». Il soulignait que la loi 055 du 17 mai 2013 rend cet avis obligatoire pour toute nomination de magistrat.
Selon lui, le Conseil supérieur de la magistrature constitue « l’instance suprême » chargée des questions consultatives et disciplinaires concernant les magistrats. Il rappelait également que le président de la République en est le président, et que, en cas d’empêchement de celui-ci, le ministre de la Justice, vice-président de l’institution, doit participer aux travaux relatifs à la nomination des magistrats.
Enfin, Kaman Gogana Konomou invoquait l’article 20 de la loi 054 du 17 mai 2013 portant statut des magistrats pour soutenir que les magistrats du siège sont inamovibles et ne peuvent être déplacés sans leur consentement préalable.
Bhoye Barry pour guinee7.com
