A l ‘attention des autorités publiques tout ministère confondu en République de Guinée : Mieux vaut prévenir que guérir.
Guérir c’est bien, prévenir c’est encore mieux, c’est l’assurance du bien-être.
C’est la énième fois que je m’exprime au sujet de l’usage des herbicides en Afrique et en l’occurrence en Guinée pour ce qui nous concerne.
Nombreux herbicides pourtant interdits à l’échelle européenne sont vendus dans les marchés forains en Afrique dans une banalité déconcertante et souvent par les marchands privés qui sont consciemment ou inconsciemment dans l’ignorance complètes des effets dévastateurs cancérigènes des composants de ces produits phytosanitaires.
Le pouvoir cancérigène de beaucoup de ces herbicides est formellement établi par différents rapports des experts en la matière.
L’Afrique doit-elle se plier à l’omerta des grandes industries fabriquant ces produits toxiques et attendre le jugement d’un vengeur venant du ciel ? La réponse est sans commune mesure non et non !
L’Afrique ne doit pas être le barycentre de toutes les misères du monde, ce postulat implique une absolue nécessité de mise à jour de nos consciences pour un algorithme garantissant la sécurité en termes de santé publique et le respect de l’environnement.
Parmi ces nombreux produits livrés, on peut citer l’atrazine, un pesticide utilisé en phytothérapie dont la toxicité peut engendrer de gros problèmes de santé publique et environnemental.
Semble-t-il un herbicide organophosphoré aurait causé la mort de tout un village en Côte d’Ivoire en décembre 2022
A court moyen ou long terme, des maladies graves peuvent sévir dans la population comme le lymphome, le diabète, l’infertilité, les malformations congénitales et d’autres troubles neurologiques comme l’Alzheimer, le parkinson et j’en passe.
Nous ne devons pas subir l’insouciance consciente ou inconsciente du monde du business des fabricants occidentaux des produits potentiellement dangereux pour la santé de la population.
Je regrette l’absence de voix martiale des institutions africaines comme la CEDEAO dans la protection de la santé des citoyens, sauf méconnaissance de ma part.
Or, aucune croissance n’est viable sans une bonne santé de la population surtout les bras valides.
Par les mêmes effets, l’anéantissement de nos faunes et flores est un phénomène inquiétant qui gagne nos communes villageoises. Certaines espèces d’oiseaux et de poissons ont complètement disparu de nos jours laissant dans un état de déliquescence notre écosystème.
J’ai fréquemment cité par le passé la dangerosité du mercure utilisé dans l’exploitation de l’or dans nos campagnes.
Dans le respect de nos valeurs humaines, une invite est faite à nos autorités publiques, chaque ministère selon son périmètre de compétence pour assurer et pérenniser une règlementation absolument rigoureuse et protectrice de la population et de l’environnement.
Beaucoup de nos agriculteurs sont dans l’ignorance totale des effets dévastateurs de ces herbicides.
Un contrôle drastique doit être de mise conformément à la règlementation internationale de la vente et la distribution des produits phytosanitaires.
Si le tropisme abusé des commerçants de ces produits prend le dessus sur notre raison d’exister, la résultante devient un vrai problème de santé publique pour la Guinée d’aujourd’hui et de demain.
Par ailleurs, je note que l’incivisme de certains citoyens est devenu un ulcère social en Guinée par manque de rigueur dans l’application de la loi dans toute sa dimension.
Des exemples parmi d’autres : les motards sans casque, les conducteurs sans ceinture, les camions chargés de marchandises et qui transportent en même temps des passagers etc.
« Pas de rigueur sans austérité mais l’espoir est certain. » De Pierre Mauroy.
Un contrôle par l’Etat, de la vente des produits phytosanitaires me parait impératif si on veut contenir avec efficacité ce danger mortifère lié aux herbicides.
Comme dit l’autre : « La santé c’est comme la richesse, il ne suffit pas de l’avoir, il faut savoir la conserver ».
Que Dieu bénisse la Guinée amine
Docteur Solian Konaté
Praticien Hospitalier permanent des hôpitaux de France
Chirurgien Orthopédiste et Traumatologue au CHHB
