Censure

Affaire Dr Diané : entre soulagement et incertitude, les avocats réagissent

Acquitté du chef de détournement de deniers publics, mais condamné pour blanchiment de capitaux et enrichissement illicite, l’ancien ministre écope de 4 ans et 8 mois de prison. Son avocat estime qu’il lui resterait théoriquement un mois et demi à purger.

Guinée- La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rendu son verdict ce jeudi 15 octobre dans le dossier de l’ancien ministre de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané. Condamné à 4 ans et 8 mois de prison et à une amende de 3 milliards de francs guinéens pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, il a été acquitté du chef de détournement de deniers publics. À la sortie de l’audience, les avocats des différentes parties ont réagi à cette décision.

Du côté de la défense, Me Sidiki Bérété a exprimé un certain soulagement face à la peine prononcée, tout en précisant que la suite à donner à la décision sera examinée avec son client. « On peut dire déjà merci. On est au bout du tunnel par rapport à la peine, mais on va mûrir la décision avec le client, on va se concerter et donner la suite », a déclaré l’avocat de Dr Mohamed Diané.

Revenant sur la durée de détention de son client, Me Sidiki Bérété a estimé que celui-ci avait déjà purgé une grande partie de sa peine : « la peine infligée est 4 ans et 8 mois et il a purgé environ 4 ans et 6 mois de prison et 15 jours, jour pour jour. Parce qu’il a été placé sous mandat de dépôt le 6 avril 2021. Dès lors ça fait 4 ans 6 mois 15 jours. Donc en compilation des délais, le reste théoriquement 1 mois et 15 jours pour purger la peine. »

L’avocat s’est également prononcé sur le sort des biens concernés par la procédure judiciaire. Il a indiqué que certains biens avaient été écartés des mesures de confiscation, tandis que d’autres restaient concernés par la décision de la cour. « En ce qui concerne des biens, il y a d’autres biens qui ont été mis hors cause, les biens qui n’ont pas fait l’objet de déclaration devant la cour constitutionnelle, d’autres sont confisqués. Mais les biens des tiers quand même ont été mis hors de cause. C’est le verre à moitié plein », a-t-il expliqué.

Pour la défense, la priorité reste désormais la question de la liberté de l’ancien ministre. Me Sidiki Bérété a toutefois indiqué que les enseignements de cette décision seraient tirés avant toute prise de position définitive. « On va tirer les leçons et répondre au moment opportunité. Pour le moment, ça va, il nous reste quand même théoriquement 1 mois et 15 jours pour la défense, le premier souci, c’est la liberté, tout le reste c’est secondaire. Le moral est au beau fixe. De toutes les façon on garde sa dignité, c’est ça avant tout », a-t-il affirmé.

L’État guinéen prend acte de la décision

Du côté de la partie civile, représentée par les avocats de l’État guinéen, Me Pépé Antoine Lamah a indiqué que ses clients allaient examiner les suites à donner à l’arrêt rendu par la chambre des appels de la CRIEF. « Nous, avocats de l’État guinéen représentés par l’agence judiciaire, nous prenons acte de cet arrêt, nous allons rendre compte à qui de droit et nous aviserons », a-t-il déclaré.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com 

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