Les différentes centrales syndicales, à l’exception du SLECG, ont rencontré ce dimanche 30 novembre, à Dixinn, le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG). Cette réunion, organisée dans un contexte de fortes tensions au sein du mouvement syndical de l’éducation, visait à examiner les principaux points de discorde à l’origine de la crise actuelle. À l’issue de plusieurs heures de discussions, les participants ont livré les conclusions de leurs échanges à la presse.
À la sortie de la rencontre, le président du CNOSCG, Gabriel Haba, a expliqué le contenu des discussions ainsi que la position adoptée par la société civile : « Conformément à notre rôle de promouvoir la paix sociale et la quiétude et face aux préoccupations de la nation, nous avons suivi de près la situation qui prévaut entre le syndicat de l’Éducation et la partie gouvernementale. Nous avons estimé que le contexte n’est pas favorable, que l’opportunité politique et sociale n’était pas là. On a fait appel à nos syndicalistes, notamment le FSPE, le SNAESURS, le SNE et le SLECG. Ils ont tous répondu à l’appel, sauf le Slecg, qui a aussi une communication envers moi. »
Insistant sur la nécessité d’une unité syndicale et d’un règlement négocié, Gabriel Haba a salué la disposition des syndicats présents à travailler ensemble : « Nous remercions nos camarades syndicalistes pour la disponibilité, la considération et la volonté d’aller vers l’unité syndicale, la volonté de préserver la paix, la volonté de négocier pour que les conditions des enseignants puissent être améliorées. Parce que malgré tout ce qu’on va dire, le dénominateur commun aujourd’hui c’est la défense de l’intérêt des enseignants qui est en jeu. »
Il a précisé que, malgré l’avis de grève déjà déposé, les organisations syndicales présentes se disent prêtes à entreprendre une démarche commune pour solliciter des mesures protectrices de la part du gouvernement : « Après toutes discussions, toutes les parties se sont montrées favorables à l’unité d’action. Ce qu’on a pu obtenir, c’est leur volonté d’aller ensemble. Sur la question de la grève dont l’avis a déjà été lancé, nous accueillons à bras ouvert leur demande d’aller aussi vers la partie gouvernementale afin de les amener à protéger ces responsables qu’ils sont. Parce que selon eux, c’est une manière de les sacrifier si l’avis de grève est levé sans qu’aucune recommandation ou résolution ne soit obtenue. »
La société civile se dit prête à mobiliser ses réseaux pour favoriser un accord : « en tant qu’acteurs de la société civile et acteurs expérimentés du domaine, nous savons que c’est aussi une raison. Nous savons que le contexte est un peu aussi difficile pour eux. Nous avons accueilli cette demande. Nous allons aussi utiliser toutes nos relations, tous nos moyens citoyens pour demander à la partie gouvernementale de faire des efforts afin que ce soir-là, une résolution soit trouvée pour enfin lever la grève. »
Gabriel Haba a également mis en garde contre les risques d’une grève en période électorale : « Parce que quand nous partons en grève à l’heure là, je pense que c’est contre la stabilité du système éducatif qui est naturellement instable à cause de toutes les conditions que nous connaissons. Nous sommes en période électorale. L’occasion ne doit être donnée à aucune situation d’instabilité, parce que ce n’est pas bon pour notre Nation. Ce n’est pas bon pour les enfants. Ce n’est pas bon pour les parents d’élèves, ce n’est pas bon pour les enseignants. »
Avant de conclure, il a lancé un appel à la conciliation : « Nous appelons toutes les parties prenantes à accepter de s’entendre dès aujourd’hui pour que cette grève-là soit levée, les élèves puissent aller à l’école demain et les enseignants retrouver les salles de classe. Nous allons continuer à travailler même après avoir trouvé des résolutions avec le gouvernement pour faire en sorte que l’unité d’action syndicale puisse être une réalité dans notre pays. Je voudrais appeler le camarade Soumah qui n’est pas venu autour de cette table à accepter d’aller vers l’unité d’action. C’est ce qui est bon pour le mouvement syndical. »
De son côté, Aboubacar Diesto Camara, porte-parole de l’intersyndicale, a confirmé l’ouverture des syndicats à une unité d’action, tout en rappelant leur obligation de respecter les décisions de la base : « Nous avons écouté la société civile, le CNOSCG, qui nous a exprimé sa préoccupation par rapport à l’avis de grève. La société civile a joué son rôle d’alerte, d’interpellation, mais aussi de proposition pour que cette crise soit désamorcée. »
Aboubacar Diesto Camara a confirmé la disposition des syndicats présents à travailler à l’unité d’action, tout en rappelant les limites de leur gouvernance par rapport aux décisions prises par la base. « Elle nous a aussi invité à l’unité d’action syndicale. Nous avons aussi exprimé à la partie citoyenne que nous sommes vraiment favorables à l’unité d’action syndicale. Parce que nous estimons que sans l’union on ne peut pas réussir ni défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs de l’éducation. C’est dans cet esprit que nous avons demandé à la société civile que la gouvernance syndicale est différente de la gouvernance politique. Nous sommes assujettis aux recommandations de la base. Pour l’instant, à la société civile de prendre son bâton de pèlerin dès maintenant, au sortir de cette rencontre pour aller rencontrer la partie gouvernementale pour qu’elle nous dise ce qu’elle a à proposer aux syndicats pour proposer à leurs mandats », a précisé le porte-parole de l’intersyndicale de l’éducation.
Sur les démarches à venir, il ajoute : « Nos portes sont ouvertes. Nous sommes à 16 h, même s’ils nous appellent à 23 h pour nous présenter ce qu’ils ont eu pour nos mandants, je pense que nous irons favorablement et dans la paix pour que cela soit pris avec les deux mains. »
Abdoul Lory Sylla pour Guinée7.com

