Censure

Reprise des négociations : tensions autour de la FSPE dans la salle des pourparlers

Les négociations entre l’intersyndicale et le gouvernement ont repris ce lundi, dans un climat marqué par des tensions internes au mouvement syndical. Depuis plusieurs heures, les différentes parties sont réunies dans la salle de négociation pour tenter de faire avancer les discussions autour des points de revendications des enseignants.

 

Mais la séance a été brièvement perturbée par la présence surprise de Salifou Camara, qui se réclame toujours secrétaire général de la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE).

 

Après plusieurs minutes d’échanges houleux, ponctués de cris entendus depuis l’extérieur de la salle, Salifou Camara et quelques uns de ses soutiens ont finalement quitté la rencontre.

 

Face à la presse, l’ancien responsable syndical a livré un long compte rendu, revenant sur ce qu’il qualifie d’« injustice » au sein de la FSPE : « le camarade secrétaire général de la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation, qui est légitimement élu par la base, à un moment donné, qui a subi une injustice jusqu’en prenant une décision, en me remplaçant, pendant que ceux qui ont fait, qui ont écrit cette décision n’étaient pas dans la salle le jour où on m’a élu. C’est cette injustice que la base a manifesté bien avant aujourd’hui. C’est pourquoi nous avons alerté plusieurs fois le gouvernement, prendre en témoin le président du dialogue national et lui signifier de l’injustice que n’est-ce pas la FSPE avec sa base est en train de subir. Donc, nous avons écrit, il n’y a pas eu de réponse. Nous sommes venus aujourd’hui pour non seulement attirer l’attention du médiateur qui doit nécessairement prendre son bâton de pèlerin pour résoudre la crise. Alors c’est pourquoi, au lieu que la base ne fasse d’autres choses que nous ne souhaitons pas, et toutes choses Il faut résoudre, ou bien passer par la médiation. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous sommes venus pour attirer, pour prendre part à la négociation, mais aussi pour signifier notre cri de cœur. »

Salifou Camara a ensuite insisté sur la nécessité de l’unité syndicale, estimant que les divisions actuelles fragilisent les revendications du secteur éducatif.

« Le syndicat ne peut pas obtenir sans qu’il ne soit sérieux. Le syndicat ne peut pas vaincre dans les illusions, dans la division, dans la démagogie. Le syndicat doit être uni et sérieux pour obtenir ce qu’il demande. Donc c’est cette division que nous sommes venus signifier non seulement aux camarades de l’intersyndicale de l’éducation, mais aussi aux enseignants de Guinée et enfin aux médiateurs de la République. »

 

Se défendant de toute volonté de blocage, il affirme que sa démarche vise avant tout à préserver les intérêts des enseignants : « nous ne venons pas ici pour casser, pour bloquer, pour faire quoi que ce soit qui puisse empêcher les enseignants à obtenir quelque chose. Paix soit-elle. Nous sommes là non seulement pour galvaniser la troupe, mais aussi pour magnifier l’injustice qui plane dans nos structures syndicales, en particulier aussi dans le syndicat en général. »

 

Concernant leur retrait de la salle de négociation, Salifou Camara explique vouloir éviter toute escalade : « pourquoi nous retirons ? Parce que nous ne voulons pas qu’il y ait de tohu bahu dans la salle. Nous ne voulons pas ça. Nous ne voulons pas bloquer, n’est ce pas, l’intérêt des enseignants. Ça, ce n’est pas notre mission. Quand on le fait, on cesse d’être enseignant. »

Interrogé sur sa situation personnelle, il se veut résilient : « je suis déjà intégré. Vous savez, dans la vie, on dit, on a vécu un moment difficile, un moment très dur, mais seuls les durs avancent. »

 

Avant de conclure en annonçant que la fédération sera représentée par un autre responsable : « il y a le secrétaire général adjoint qui va représenter la FSPE. »

 

Pendant ce temps, les négociations se poursuivent entre l’intersyndicale et le gouvernement, dans l’attente d’éventuelles avancées sur les revendications portées par les enseignants.

 

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com