Censure

Affaire Ibrahima Kourouma : la Cour rendra sa décision le 10 février

Le dossier de l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Ibrahima Kourouma, n’est pas encore clos. Ce mardi 20 janvier 2025, la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a tenu une audience importante consacrée aux prises de parole du parquet et des avocats.

 

Cette audience concerne l’appel du jugement rendu le 14 mai 2024. À cette date, Ibrahima Kourouma avait été condamné à quatre ans de prison pour enrichissement illicite. En revanche, il avait été relaxé pour le détournement de deniers publics. L’État a décidé de contester cette décision.

 

Les avocats de l’État estiment qu’on ne peut pas séparer l’enrichissement illicite du détournement d’argent public. Pour eux, l’argent reproché à l’ancien ministre vient forcément des caisses de l’État. Ils s’appuient notamment sur le rapport de l’Inspection générale d’État.

 

La partie civile demande cinq milliards de francs guinéens en réparation. Elle parle aussi de 612 milliards de francs guinéens qui auraient été « détournés ». À cela s’ajoute le préjudice moral que l’État dit avoir subi. Les avocats de l’État demandent aussi à la Cour d’annuler la relaxe pour détournement de deniers publics.

 

Ils vont encore plus loin. Ils veulent que la Cour ordonne le retour de l’argent à l’État et la saisie des biens d’Ibrahima Kourouma au profit du Trésor public. L’audience est présidée par le juge Francis Kova Zoumanigui.

 

Le procureur spécial, Aly Touré, a été bref. Il a expliqué que le parquet n’a pas de reproches contre la décision prise en première instance. C’est pour cette raison que son recours est un « appel incident ». Il a rappelé que le but du ministère public est d’appliquer la loi et de rendre la justice. « Et monsieur le président nous pensons que la loi a été appliquée et justice a été rendue », a-t-il déclaré.

 

De son côté, la défense a demandé à la Cour d’annuler la condamnation pour enrichissement illicite et de confirmer la relaxe pour le détournement de deniers publics. Si la Cour refuse, les avocats demandent au moins que leur client soit condamné au temps qu’il a déjà passé en prison.

 

Pour Mohamed V Sankhon, ancien directeur des affaires financières du ministère, la situation est différente. Personne n’a fait appel de sa relaxe. Son avocat a donc simplement demandé à la Cour de confirmer cette décision.

 

Avant la fin de l’audience, les deux hommes ont pris la parole. Ils ont dit qu’ils font confiance à la décision de la Cour.

Le dossier a été mis en délibéré. La décision finale sera rendue le mardi 10 février 2026.

 

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com