L’audience attendue ce jeudi 22 janvier 2026 devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) n’a finalement pas permis d’avancer dans le dossier Kassory Fofana. Comme lors des précédentes convocations, l’ancien Premier ministre du régime d’Alpha Condé ne s’est pas présenté devant les juges.
Poursuivi pour détournement de deniers publics, Dr Ibrahima Kassory Fofana est régulièrement cité à comparaître depuis plusieurs mois, sans jamais répondre présent. Face à cette absence répétée, la cour a décidé de reporter une nouvelle fois l’examen de l’affaire, afin de permettre une citation régulière du prévenu. Le dossier est désormais renvoyé au 29 janvier 2026.
À l’audience, le ministère public, représenté par le substitut du procureur Ousmane Sanoh, a rappelé que depuis l’ouverture de la procédure, l’ancien chef du gouvernement n’a jamais accepté de faire face à la justice. « Le prévenu n’a jamais accepté de comparaitre. Il est toujours resté derrière ses positions, donc veuillez en retirer toutes les conséquences », a-t-il déclaré devant la cour.
L’Agent judiciaire de l’État, par la voix de Me Antoine Pépé Lamah, a lui aussi dénoncé une situation qui, selon lui, ne doit pas empêcher la justice de suivre son cours. Il a insisté sur le fait que l’appel a été introduit par la défense elle-même. «C’est eux qui ont fait appel, donc s’ils ne comparaissent pas mais renvoyez à huitaine pour permettre aux parties de plaider ce dossier. Monsieur le président, on ne peut pas prendre la justice en otage », a lancé l’avocat.
Du côté de la défense, un nouveau conseil a fait son apparition dans le dossier. Me Almamy Samory Traoré, récemment constitué pour Kassory Fofana, a demandé un renvoi pour pouvoir s’approprier le contenu du dossier. Une requête jugée fondée par la cour.
Le président de la chambre, Daye Mara, a donc accédé à cette demande et renvoyé l’affaire au 29 janvier prochain, toujours dans l’attente de la comparution effective du prévenu.
Pour mémoire, le 27 février 2025, la chambre de jugement présidée par Lansana Soumah avait condamné l’ancien Premier ministre à cinq ans de prison ferme et à une amende de 2 milliards de francs guinéens. En plus de cette peine, la cour avait ordonné la confiscation des fonds se trouvant sur ses comptes à la banque Vistagui au profit de l’État guinéen.
La même décision avait également condamné Kassory Fofana à payer 15 milliards de francs guinéens à titre principal et 3 milliards de francs guinéens de dommages et intérêts à l’État. C’est pour contester l’ensemble de ces sanctions que l’ancien chef du gouvernement a saisi la chambre des appels de la CRIEF, demandant l’annulation pure et simple du jugement rendu en première instance.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
