L’Association des blogueurs de Guinée (ABLOGUI) intensifie ses actions de terrain dans le cadre de la lutte contre la désinformation et les discours haineux. C’est dans cette dynamique que la structure a lancé le programme « Veilleurs du Web de Guinée ».
Dans ce cadre, un atelier de renforcement des capacités destiné aux jeunes de l’axe Hamdallaye–Kagbélén, consacré à la lutte contre le désordre informationnel, a démarré ce mercredi 5 février 2026 à Conakry. À l’issue de ces trois jours de formation, les participants intégreront officiellement le réseau des « Veilleurs du Web de Guinée ».
Selon le président de l’ABLOGUI, Mamoudou Baro Condé, ce projet, mis en œuvre en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), l’UNFPA et le PNUD, bénéficie du soutien financier du Fonds pour la consolidation de la paix (PBF).
« Il a été lancé à une période où le numérique occupe une place centrale dans la vie de chacun d’entre nous. Les réseaux sociaux, en particulier, constituent aujourd’hui un espace d’expression pour tous. Ils sont devenus des lieux d’expression et d’information, mais aussi, parfois, des espaces d’utilisation détournée à travers la circulation de la désinformation, la manipulation et les discours de haine », a-t-il déclaré.
« Les Veilleurs du Web sont donc des acteurs clés dans la lutte contre la désinformation et toutes les dérives qui fragilisent la cohésion sociale. À travers ce programme, l’ABLOGUI et ses partenaires onusiens réaffirment leur conviction que le numérique peut et doit être un levier de développement, de paix et de participation citoyenne. Ensemble, en unissant nos efforts, nous croyons que chaque clic compte, que chaque publication peut avoir un impact réel sur la vie des citoyens et que chaque citoyen peut contribuer positivement à rendre l’espace numérique plus sain et plus sûr », a précisé M. Baro Condé.
« En lançant aujourd’hui le programme Veilleurs du Web, nous posons un acte : celui de choisir la responsabilité plutôt que l’indifférence, la vérité plutôt que la manipulation et le dialogue plutôt que les discours de haine », a-t-il ajouté.
De son côté, Ousmane Bangoura, analyste en communication au Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix (PBF), a rappelé que les discours tenus sur les réseaux sociaux reflètent ceux de la société réelle.
« Aujourd’hui, l’enjeu auquel nous faisons face est la désinformation, la mésinformation et la malinformation. Ce sont des thématiques particulièrement actuelles, dans la mesure où tout le monde possède désormais une présence numérique. Mais si cette présence n’est pas bien gérée, elle peut engendrer des problèmes au niveau national. Les réseaux sociaux sont le reflet de notre société. Ce qui s’y dit n’est pas différent de ce qui se dit dans la vie réelle. Les mêmes personnes qui vivent dans le monde réel alimentent les réseaux sociaux. C’est pourquoi il est important de s’appuyer sur ces mêmes personnes afin qu’elles portent des messages de paix, de cohésion et de réconciliation nationale, pour éviter que la toile ne s’enflamme. Car si la toile s’enflamme, le monde réel en paiera également les conséquences », a-t-il expliqué.
Bhoye Barry pour guinee7.com
