Alors que les différents championnats nationaux battent leur plein en Guinée, les marques locales d’équipements sportifs peinent toujours à se faire une place. Dans un entretien accordé à notre rédaction, le fondateur de la marque guinéenne Future TF lève le voile sur les difficultés rencontrées par les équipementiers nationaux et appelle à une prise de conscience collective.
À l’heure où la Ligue 1 guinéenne déroule sa saison, que la Nationale 2 vient de s’achever et que les championnats de basketball et de handball se sont récemment disputés, un constat demeure : la quasi-absence des marques guinéennes sur les terrains sportifs nationaux. Pourtant, le pays compte aujourd’hui quatre à cinq équipementiers locaux évoluant activement dans ce secteur.
Fondateur de la marque Future TF, Mamady Kandé dresse un tableau sans complaisance de la situation.
Pour lui, l’argument de la qualité souvent avancé pour justifier la préférence des équipements importés ne tient pas.
« Les tissus utilisés sont les mêmes que ceux des équipements venus de l’étranger. Il n’y a pas de différence majeure en termes de qualité. », précise-t-il.
Au-delà des questions techniques, l’entrepreneur pointe du doigt un véritable blocage psychologique et culturel :« Le principal problème reste le complexe guinéen à consommer le local. Beaucoup pensent encore que ce qui vient d’ailleurs est forcément meilleur », regrette-t-il.
Une perception qui freine considérablement l’essor des marques nationales, malgré leur capacité à proposer des produits compétitifs, adaptés et accessibles.
Autre obstacle majeur : le manque d’accompagnement des institutions sportives et étatiques. Selon lui, l’État, les fédérations et les ligues jouent un rôle encore trop timide dans la promotion du contenu local.
À cela s’ajoute le manque de professionnalisme dans la gestion des partenariats sportifs, qui rend difficile la mise en place de collaborations durables entre clubs et équipementiers guinéens.
Face à ces défis, le fondateur de Future TF plaide pour une union sacrée des marques locales.
« Les différentes marques doivent s’unir et aller ensemble vers les instances dirigeantes afin d’imposer progressivement le port des équipements locaux dans les compétitions nationales », propose-t-il.
Il invite également les clubs à faire confiance aux marques guinéennes, dans une logique de partenariat sérieux, durable et mutuellement bénéfique.
Au-delà du simple aspect sportif, cette problématique touche à l’économie locale, à la création d’emplois et à la valorisation du savoir-faire guinéen. Miser sur les équipements nationaux, c’est aussi investir dans une industrie locale capable de porter haut les couleurs du sport guinéen.
Une bataille qui ne pourra être gagnée qu’avec une volonté politique forte, une organisation collective des équipementiers et une prise de conscience des acteurs sportifs.
Alh Cheick pour Guinée7.com
