Censure

Affaire Chérif Bah : fin des débats en appel, décision attendue le 14 avril

Le dossier impliquant l’ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a connu une nouvelle étape ce mardi 17 mars 2026 devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Lors de cette audience, Ibrahima Chérif Bah, qui a pourtant fait appel de sa condamnation, ne s’est pas présenté devant la Cour. Une absence que le procureur spécial et la partie civile considèrent comme un refus de répondre à la justice.

Pour rappel, le 5 mai 2025, il avait été condamné en première instance à cinq ans de prison, au paiement de cinq milliards de francs guinéens, ainsi qu’à la confiscation de certains de ses biens. Un mandat d’arrêt avait également été lancé contre lui pour des faits de détournement de deniers publics, de corruption et d’enrichissement illicite.

C’est pour contester cette décision qu’il avait fait appel le 12 janvier dernier. Mais son absence à l’audience de ce mardi a poussé la Cour, dirigée par Francis Kova Zoumanigui, à mettre fin aux débats et à passer aux plaidoiries et aux réquisitions.

Prenant la parole, l’avocat de l’État a rappelé que le prévenu devait être présent, sauf en cas de raison valable, ce qui n’a pas été justifié ici. Maître Faya Gabriel Kamano a alors demandé à la Cour d’augmenter les dommages-intérêts, en les faisant passer de cinq à dix milliards de francs guinéens.

Selon lui, l’appel de Chérif Bah vise surtout à gagner du temps et à retarder l’exécution de la décision de justice. « Monsieur Chérif Bah, il faut le dire, s’est bâti un empire immobilier important et a investi dans beaucoup de sociétés de la place. Son intérêt est que la procédure traîne pour empêcher l’exécution de la décision. Si celle-ci avait été exécutée, il serait déjà privé des loyers qu’il perçoit sur ses bâtiments. Cet appel étant abusif et dilatoire, il nous a causé un préjudice. C’est pourquoi nous demandons à la Cour d’augmenter les dommages-intérêts de 5 à 10 milliards de francs guinéens », a-t-il déclaré.

De son côté, le procureur spécial a également regretté l’absence du prévenu. Aly Touré a demandé à la Cour de considérer que la décision à venir sera rendue comme si les deux parties étaient présentes, puisque Chérif Bah n’a donné aucune explication valable pour son absence.

Il a aussi demandé que la condamnation prononcée en première instance soit confirmée, et qu’elle soit appliquée immédiatement, même en cas de recours.

Après avoir écouté toutes les parties, la Cour a décidé de mettre l’affaire en délibéré. La décision finale est attendue le 14 avril 2026.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com