Dans une sortie vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, Monsieur Condé Moussa, ancien directeur de la communication et de l’information de la Présidence de la République, est revenu sur les raisons de son limogeage. Face aux nombreuses spéculations, il affirme vouloir « rétablir sa part de vérité » en reconnaissant des manquements graves dans l’exercice de ses fonctions.
Dès l’entame de son intervention, l’ancien responsable situe le contexte de sa prise de parole : « bonjour à tous, c’est Monsieur Condé Moussa, ancien directeur de la communication et de l’information de la présidence. Je viens faire cette vidéo aujourd’hui pour vous informer sur les causes qui ont conduit à mon limogeage que vous avez suivi à la télé. Je vois beaucoup de personnes faire des spéculations, mais aujourd’hui, il faut que je donne ma part de vérité clairement qui ont conduit à cela. »
Dans ses explications, Moussa Condé reconnaît avoir adopté des pratiques contraires à l’éthique liée à sa fonction, notamment la gestion d’informations sensibles. « la première des choses, c’est quoi ? En tant que directeur moi de la communication, j’essayais quand même de soutirer des informations confidentielles au niveau de la présidence pour les divulguer à certains blogueurs. chose qui n’est pas digne d’un directeur de la communication. »
Il admet également des relations jugées inappropriées avec des acteurs de l’ancien régime : « et aussi, j’étais en contact permanent avec certains membres du gouvernement de l’ancien régime, chose qui n’est pas normale aussi, étant donné que je suis en train de gérer la communication d’une grande institution comme la présidence. »
L’ancien directeur évoque ensuite un élément déclencheur ayant éveillé les soupçons des autorités. Il s’agit d’un échange téléphonique avec un garde du corps du président : « par ailleurs, l’aspect qui a réveillé les soupçons est que j’ai eu un échange téléphonique un soir avec un des gardes du corps du président qui s’appelle KondéBili. Il m’a appelé un soir pour me demander un peu d’argent. Donc j’ai fait un dépôt de, je crois, 500 000 sur Orange Money comme ça. Et après, on a échangé, je lui ai dit : ah, mon frère, ouvre bien grand tes oreilles là-bas. S’il y a des informations sensibles autour du patron, sur moi, il faut m’informer. Donc, l’appel a été intercepté. C’est là les trucs ont commencé. »
Selon lui, cet appel intercepté aurait conduit à des investigations plus poussées : « quand l’appel a été intercepté, c’est là-bas, j’ai été convoqué. De contrôle en contrôle dans mon téléphone, il s’avère qu’on est tombé sur des communications que je tenais avec certains marabouts pour me permettre d’avoir des positions auprès du président plus importantes. Et ces marabouts ont fait du travail pour moi, des médicaments avec lesquels je devais me laver. Comme vous savez, tout ce que les marabouts aiment faire, donc c’était des trucs qui ne sont pas assez dignes avec le nom du président. »
Moussa Condé reconnaît également des comportements jugés inappropriés dans le cadre professionnel : « et par ailleurs, l’autre côté aussi, C’était les fréquentations que je recevais au bureau de certaines filles et je ne me retenais pas de faire de la bordelerie avec eux, c’est ça la vérité, parce que c’est le mot, il faut le dire pour cela. »
À cela s’ajoutent des tensions internes liées à la gestion des ressources humaines : « le gros aspect aussi qui a créé, c’est la frustration au sein des équipes que je conduisais au sein de la DCI auxquelles je ne remettais pas forcément leurs primes, vous voyez ? »
Face à l’accumulation de ces faits, il estime que la décision du chef de l’État était inévitable : « donc quand tous ces aspects-là sont réunis, et que le chef de l’État a ça, il doit taper sur la table. Et c’est ce qu’il a fait pour me limoger. »
Dans un ton empreint de regret, l’ancien directeur assume pleinement ses responsabilités : « donc je vois des gens spéculer de gauche à droite, je vois tout. Mais il était important que je donne aussi ma version des faits clairement, pour que ce soit clair pour tous, que ce limogeage-là, que je le mérite et que je l’assume, c’est moi le responsable. Donc en tant que directeur, c’était pas normal, c’était pas digne, c’était pas digne de moi. Donc je pense que c’est moi le fautif et c’est moi qui ai tort. Donc tout ce qui arrive là, c’est moi j’assume. Merci à vous. »
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
