Censure

Ami la Conseillère condamnée : quand une vidéo virale sur Facebook tourne au procès

Aminatou Touré, connue sur les réseaux sociaux sous le nom de « Ami la Conseillère », a été jugée ce mardi 24 mars 2026 au tribunal de première instance de Dixinn. Elle était poursuivie pour des faits présumés d’injures et de violences physiques à l’encontre d’une femme au marché Enco 5.

Une vidéo publiée sur sa page Facebook est devenue virale, poussant le procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn à engager des poursuites. La prévenue a été interpellée puis placée sous mandat de dépôt le 6 mars 2026.

À la barre, Aminatou Touré a reconnu les faits qui lui sont reprochés. « Je n’ai rien à dire. Je demande pardon », a-t-elle déclaré lorsque le juge lui a demandé de relater le déroulement des faits.

Le procureur a toutefois estimé que le pardon ne suffisait pas, invitant la prévenue à s’expliquer davantage, le tribunal n’ayant pas été témoin des événements.

Elle a alors pris la parole, revenant sur les faits survenus dans sa boutique de vente d’habits. Concernant les raisons qui l’ont poussée à filmer la dame et à diffuser la vidéo, elle a évoqué des vols répétés dont elle aurait été victime. « Je l’ai filmée et insultée parce que j’étais victime de vol à plusieurs reprises », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « J’ai filmé pour que les gens se méfient ».

Selon le procureur, ce comportement a troublé l’ordre public et porté atteinte à la dignité de certaines femmes. « Je le regrette », a-t-elle répondu, avant de présenter ses excuses au tribunal et à toute personne qui s’est sentie offensée.

À l’issue des débats, le juge Ibrahima Sory Sow a déclaré les débats clos et a invité le ministère public à faire ses réquisitions.

Dans ses réquisitions, le procureur Mamadou Yaya Boiro a estimé que le comportement de la prévenue portait atteinte « au fondement de notre société ». « Nous ne sommes pas là pour juger une dame vis-à-vis de la société », a-t-il affirmé.

Il a requis une peine d’un an d’emprisonnement assortie de sursis, une amende de 10 millions de francs guinéens et une interdiction d’utilisation des réseaux sociaux pendant six mois.

Dans son verdict sur l’action publique, le tribunal a reconnu Aminatou Touré coupable du délit d’injure publique. Elle a été condamnée à un an d’emprisonnement avec sursis et au paiement d’une amende de 5 millions de francs guinéens.

Bhoye Barry pour guinee7.com