La Fédération Guinéenne de Sambo et Disciplines Associées traverse une grave crise financière. En cause : des dépenses engagées pour des compétitions internationales, mais jamais remboursées, ainsi que le non-paiement de plusieurs primes depuis 2022. Dans un entretien accordé à notre rédaction, son président, Maître Amadou Sadigou Bah, dénonce une situation devenue, selon lui, difficilement soutenable pour sa structure.
Selon le président du sambo guinéen, la fédération a, à plusieurs reprises, assuré sur fonds propres ou à crédit les dépenses liées à la participation de la Guinée à des compétitions internationales. Hébergement, restauration, transport et frais d’organisation auraient ainsi été avancés sans retour financier effectif. « Ces engagements non honorés ont progressivement plongé la fédération dans une situation d’endettement préoccupante. Certaines dettes contractées lors de compétitions disputées à l’étranger, notamment au Cameroun, restent encore impayées, ce qui complique davantage le fonctionnement de la Fédération guinéenne de sambo », a-t-il déploré.
À cette dette s’ajoute un autre point de tension : les primes des athlètes, des entraîneurs et des arbitres, que la fédération affirme ne plus avoir perçues depuis 2022. « Cette situation a créé une rupture de confiance entre les sportifs et les dirigeants. Vous le savez, le non-paiement des primes crée une crise de confiance entre la fédération et les athlètes, et cela affecte directement la motivation et l’engagement de nos jeunes athlètes », a-t-il déclaré.
Au-delà des difficultés internes, le président de la Fédération guinéenne de sambo estime que cette crise financière a aussi des conséquences sur la présence de la Guinée dans les compétitions internationales. « Les délégations sont parfois confrontées à des conditions de voyage précaires, avec des difficultés liées notamment à l’hébergement, aux équipements ou à la prise en charge sur place. Récemment encore, en Ouganda, des sportifs guinéens ont été expulsés. La Guinée est aujourd’hui le seul pays où les fédérations voyagent sans moyens », a-t-il regretté.
Un stage au Maroc menacé
Parmi les conséquences immédiates de cette crise, la Guinée pourrait ne pas participer à un stage international prévu au Maroc en avril 2026, destiné à la formation des arbitres et entraîneurs. « En cas d’absence de la Guinée à ce stage, cela priverait le sambo guinéen d’une opportunité importante de renforcement technique et de visibilité sur la scène continentale », a averti le président.
Un appel au ministre des Sports
Face à cette situation, Maître Bah Amadou Sadigou appelle le nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports, Cellou Baldé, à prendre des mesures urgentes pour assainir la gestion financière du secteur. S’il reconnaît certaines avancées administratives, il estime toutefois que les fédérations restent confrontées à des blocages persistants. « Nous sommes endettés jusqu’au cou. Trop, c’est trop. Sans financement, nous manquerons plusieurs rendez-vous internationaux », a-t-il lancé.
Thierno Abdoul Barry pour guinee7.com
