Réunis en assemblée générale ce samedi à la Bourse du travail de Kaloum, les responsables de l’intersyndicale de l’éducation (FSPE–SNE) ont adopté une posture plus ferme face au gouvernement, tout en actant une rupture nette avec le SLECG. Au cœur des échanges : l’application des engagements issus du protocole d’accord signé en janvier 2026 et la défense des conditions de vie des enseignants.
Au nom de la FSPE, Hamidou Touré, représentant le secrétaire général Alpha Gassim Barry en mission à l’étranger, a exprimé une attente vigilante, assortie d’un avertissement clair : « premier fermement dans un bref délai, les choses vont bouger. Ainsi tel n’est pas le cas, l’arme fatale qui n’a pas été ventilée sera mis en action. Donc franchement, nous avons trop entendu et nous avons pris bonne note de vos préoccupations. J’espère bien qu’on aura une suite favorable dans les 72 heures. Passé cela nous allons agir.»
De son côté, le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou, a détaillé les décisions prises à l’issue de la rencontre. Il a notamment acté une rupture avec le SLECG, accusé de ne plus défendre les intérêts des enseignants. «Au terme de cette grande assemblée générale réussie, nous sortons de cette salle avec les résolutions fermes et claires », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « l’intersyndicale de l’éducation FSPE SNE n’est plus prêt à travailler avec le SLECG qui ne défend plus les intérêts matériels et moraux des enseignants, mais s’associe au gouvernement pour maintenir les enseignants dans la misère et dans la précarité.»
S’adressant directement aux autorités, le responsable syndical a fixé un délai précis pour la mise en œuvre des engagements pris, notamment la mise en place des commissions prévues dans l’accord du 3 janvier : «nous donnons au gouvernement un intérêt moratoire qui va courir jusqu’au vendredi prochain. Le temps pour le premier ministre, chef de mouvement, le chef de gouvernement, Amadou Oury Bah, de se saisir du dossier pour pouvoir l’examiner et que les conclusions issues du protocole d’accord du 3 janvier 2026, c’est-à-dire la mise en place des trois commissions soit effectives à partir du lundi prochain. Si du lundi jusqu’au vendredi prochain, les arrêtés conjoints ne sont pas signés… nous convoquerons une assemblée générale extraordinaire, décisive. »
La menace d’une reprise de la grève, suspendue depuis décembre 2025, a également été clairement évoquée : « nous n’aurons même pas besoin de vous demander d’aller en grève… la grève déclenchée le 1er décembre 2025 n’a été que suspendue. Un simple communiqué de levée des suspensions suffira pour que la grève reprenne lundi 20 avril 2026. Retenez bien cette date-là. »
Dans cette dynamique, les responsables syndicaux annoncent une phase active de mobilisation sur le terrain pour préparer les enseignants à une éventuelle reprise du mouvement : «mettons à profit la semaine qui vient là on va faire le porte-à-porte passer d’école en école, mobiliser, informer, sensibiliser les enseignants à l’effet de se préparer à la grève du lundi 20 avril 2026. »
Enfin, Michel Pépé Balamou a insisté sur la perte de confiance des enseignants envers certaines structures syndicales et appelé le gouvernement à privilégier des interlocuteurs jugés représentatifs : «les enseignants n’ont plus confiance en eux… ils n’ont plus de base. Et que le gouvernement comprenne cela pour négocier avec les syndicats qui soient écoutés, c’est la FSPE, c’est le SNE. Et nous sommes prêts à travailler avec le gouvernement, mais dans le sens de la défense des intérêts matériels et moraux des enseignants.»
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
