Censure

CEDEAO : Mamadi Doumbouya appelle à une refonte des textes fondateurs

Le président guinéen, Mamadi Doumbouya, a plaidé pour une révision des textes fondateurs de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), lors de l’Assemblée générale de l’organisation tenue ce dimanche 19 juillet 2026 en Sierra Leone. Face à ses homologues, il a estimé que l’institution sous-régionale devait adapter son fonctionnement aux réalités actuelles des États membres.

Dans son intervention, le chef de l’État guinéen a défendu une approche qui tient compte des spécificités de chaque pays, rejetant toute réponse uniforme aux défis de la région. « Nous devons adapter nos institutions à la réalité de notre époque. On ne soigne pas le paludisme et le cancer avec le même remède. Chaque mal appelle à son traitement. Chaque situation appelle à sa réponse. Chaque nation, chaque peuple porte une histoire, des équilibres et des urgences qui lui sont propres. Vouloir appliquer aux réalités différentes une seule et même ordonnance, aussi bien intentionnée soit-elle, ce n’est pas de la rigueur. C’est une méconnaissance de la nature même de nos sociétés », a-t-il déclaré.

Mamadi Doumbouya a ensuite insisté sur la nécessité de moderniser le cadre institutionnel de la CEDEAO afin qu’il réponde davantage aux enjeux contemporains. « Nos textes fondateurs ont plus d’un demi-siècle. Le monde qu’ils décrivaient n’est plus tout à fait celui que nous vivons. Je le dis avec la conviction d’un homme d’État soucieux de la pérennité de la CEDEAO. Réformer nos institutions n’est pas les affaiblir, c’est les inscrire dans la durée. C’est les adapter à nos valeurs, à nos réalités, à nos coutumes, à nos traditions séculaires et à nos spécificités », a-t-il soutenu.

Le président guinéen a enfin exhorté les dirigeants ouest-africains à replacer le développement économique au cœur de l’action communautaire. « Il nous faut un mécanisme qui distingue la fermeté des principes de la rigidité des méthodes. Je vous exhorte à un retour résolu aux fondamentaux : le développement pérenne et l’économie. Nos peuples n’attendent pas de nous des communiqués. Ils attendent de l’eau, des routes, des usines, de l’énergie, des marchés ouverts et des emplois pour leur jeunesse. C’est à cette exigence, et à elle seule, que l’histoire jugera notre génération de dirigeants », a conclu Mamadi Doumbouya.

Bhoye Barry pour guinee7.com