Censure

Absence de Dalein et Sidya en Guinée : Ousmane Gaoual Diallo estime qu’il n’y a « aucune disposition » empêchant leur retour

La question de l’absence prolongée de certains acteurs politiques guinéens vivant à l’étranger, notamment Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, a été abordée ce lundi 27 juillet lors de la conférence de presse du gouvernement. 

CONAKRY – Le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a affirmé qu’aucune mesure n’interdit à ces responsables politiques de rentrer en Guinée, estimant que le choix de rester à l’extérieur relève d’une décision personnelle.

Interrogé sur la situation de ces figures politiques absentes du pays, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement a d’abord évoqué l’absence de disposition légale empêchant leur retour. « Vous savez, il y a deux facteurs. Est-ce qu’il y a une disposition dans notre pays qui empêche Dalein ou X de rentrer ? Moi, je ne crois pas que c’est quelqu’un à qui on a dit qu’il ne rentre pas en Guinée. Il est libre de rentrer en Guinée, mais ça, c’est sa propre liberté », a déclaré Ousmane Gaoual Diallo.

Selon lui, la crainte d’une éventuelle interpellation judiciaire ne peut pas être assimilée à un exil. « Après, celui qui dit : “Si je rentre, on va me questionner à la justice.”, bah oui, si tu rentres, si la justice estime qu’on doit te questionner, on va te questionner. Mais ça, ce n’est pas l’exil, parce que tu n’es pas interdit de séjour », a-t-il ajouté.

Poursuivant son argumentaire, le porte-parole du gouvernement a estimé que la notion d’exil doit être appréciée au cas par cas. « Vous comprenez ? C’est pour ça qu’il faut prendre la notion. Après, lui-même, est-ce qu’il se considère comme en exil ? Il dit, et c’est ce que j’ai retenu, qu’il est en mission. Il était en mission quand le parti existait, maintenant… »

Pour Ousmane Gaoual Diallo, aucune décision officielle ne prive aujourd’hui un acteur politique de son droit de revenir sur le territoire national. « Donc, la question là, c’est individuellement qu’on la tranche. Mais c’est vrai qu’il n’y a pas aujourd’hui de disposition qui interdise à tel ou tel de rentrer dans notre pays », a-t-il soutenu.

« J’ai été arrêté, mais j’assumais mes propos »

Le porte-parole du gouvernement a également évoqué son propre parcours pour illustrer son point de vue. Il affirme avoir, par le passé, pris le risque de revenir en Guinée malgré les avertissements reçus alors qu’il se trouvait à l’étranger. « Même quand vous faites une connerie à l’étranger et que vous dites : “Si je rentre, on va m’arrêter”, cela ne te donne pas le droit de dire que tu es en exil. C’est toi qui fais une chose et tu ne veux pas… », a-t-il déclaré.

Avant d’ajouter : « moi, j’ai de temps en temps par le passé dit des choses, je savais parfaitement qu’en rentrant en Guinée, il y avait un risque qu’on m’arrête. Mais je suis pas resté à l’étranger, je suis rentré ici. J’ai été bien sûr arrêté, mais j’assumais mes propos, j’assumais mon comportement. »

Ousmane Gaoual Diallo affirme avoir reçu des conseils lui demandant de ne pas revenir en Guinée à cette période. « Et quand j’étais à l’étranger, il y en avait des centaines qui me disaient : “Ne rentre pas en Guinée, si tu rentres, on va t’arrêter”. Mais je peux pas dire une chose parce que je suis à l’étranger et craindre de revenir dans mon pays. Je rentre, après la prison, c’est… c’est pas ouvert pour une catégorie de personnes. »

« Si tu assumes tes opinions, tu dois pouvoir les assumer »

Dans la suite de son intervention, le porte-parole du gouvernement a insisté sur la responsabilité individuelle face aux actes et aux opinions exprimées publiquement. « C’est ouvert pour tout le monde, tout le monde peut y aller, tout le monde peut… Après, ça dépend pourquoi tu vas. Si tu y vas pour tes opinions, tu ne dois pas craindre d’y aller pour tes opinions », a-t-il déclaré.

Il a toutefois fait une distinction entre les opinions politiques et les actes répréhensibles. « Si tu as des opinions… Je dis pas quelqu’un qui tue ou qui vole, lui, il doit craindre même pour tuer et voler. Mais quelqu’un qui dit : “J’assume des opinions”, tu dois les assumer puisque tu ne fais pas tes opinions pour tuer quelqu’un ou pour assassiner », a-t-il précisé.

Pour conclure, Ousmane Gaoual Diallo estime que la décision de rentrer ou non au pays appartient à chaque individu. « Tu dis des propos, tu dis ta compréhension de ce que doit être la société dans laquelle tu vis. Mais tu dois aussi pouvoir assumer ça parce que derrière tes convictions, derrière tes propos, ben il y a des gens qui croient et qui peut-être eux ne peuvent pas se mettre à l’abri en te suivant. Donc, la balance elle est individuelle. Mon point de vue. »

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com