Censure

Mariage religieux ou mariage civil en Guinée : que dit la loi ?

Conakry – À la mairie, à la mosquée ou dans un autre cadre religieux ou coutumier, les couples guinéens ne célèbrent pas tous leur mariage de la même manière. Mais au-delà de la cérémonie, une question demeure : quelle valeur juridique accorder à ces différentes formes de mariage ?

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À Tombolia, l’officier de l’état civil Larab Camara apporte des précisions sur les dispositions prévues par la législation guinéenne.

Le mariage civil, la célébration devant l’état civil

« Le mariage civil est célébré par un officier de l’état civil et inscrit dans les registres de l’état civil.
C’est la forme de mariage directement célébrée dans les locaux de la mairie. À l’issue de la procédure, l’union est enregistrée et donne lieu aux documents administratifs correspondants. » énonce M. Camara. 

Mais cette procédure n’est pas la seule évoquée par la législation guinéenne.

Le cas des mariages religieux et coutumiers

Selon Larab Camara, la loi de 2023 prévoit également la possibilité qu’une autorité religieuse ou coutumière habilitée célèbre un mariage dans les conditions prévues par la loi.

Dans ce cas, l’autorité concernée établit un certificat déclaratif de mariage. Celui-ci doit ensuite être transmis à l’état civil.

« Ce certificat est transmis à l’état civil qui enregistre ce mariage, établit l’acte de mariage et le livret de famille », explique l’officier de Tombolia.

Autrement dit, la célébration dans un lieu religieux ou coutumier ne signifie pas que le couple doit nécessairement rester en dehors du système de l’état civil. L’enregistrement auprès de l’état civil demeure déterminant pour la formalisation administrative de l’union.

Pourquoi certains couples préfèrent-ils les lieux de culte ?

Dans la pratique, certains couples choisissent de privilégier la mosquée, l’église ou les cérémonies coutumières plutôt que de se rendre directement à la mairie.

Pour Larab Camara, cette situation s’explique notamment par un manque de sensibilisation : « C’est un problème de sensibilisation au niveau de nos frères et sœurs qui pensent que l’état civil est contraignant », estime-t-il.

L’officier insiste au contraire sur le rôle de l’état civil, qu’il présente comme un service public accessible à tous les citoyens.

L’état civil, un passage à ne pas négliger

Au-delà de la cérémonie, l’enjeu est celui de la reconnaissance et de la preuve juridique de l’union.

Pour l’officier de Tombolia, disposer d’un acte établi par l’état civil permet notamment aux citoyens de sécuriser leur situation juridique et d’éviter certaines difficultés administratives ou judiciaires : « C’est là que sont donnés les actes juridiques », rappelle-t-il.

Le message de l’officier est donc clair : que la célébration ait lieu à la mairie ou, dans les conditions prévues par la loi, dans un cadre religieux ou coutumier, les couples doivent veiller à ce que leur mariage soit correctement enregistré auprès de l’état civil.

Dans un contexte où les pratiques matrimoniales restent fortement liées aux traditions et aux religions, la question n’est donc pas seulement de savoir où célébrer son mariage, mais surtout comment lui donner une existence juridique reconnue par l’État.

Alh Cheick pour Guinee7.com