À Kamsar, les activités minières ne sont pas les seules à faire vivre la cité. Autour du Port Nènè, pêcheurs, mareyeuses, menuisiers, fabricants de filets et transporteurs tirent leurs revenus des activités liées à la pêche. Mais le site fait face à plusieurs difficultés, notamment l’insalubrité et les perturbations dénoncées par les acteurs de la pêche.

Rencontré ce vendredi 4 septembre 2026, le chef du Port Nènè, Elhadj Fodé Bérété Camara, a cité l’insalubrité parmi les principales difficultés auxquelles le port est confronté : « L’une des plus grandes difficultés que nous avons ici est la saleté. L’Ospa nous envoie des brouettes, pelles et balais pour que nous assainissions le port. Nous demandons à l’État de nous fournir des poubelles et de mettre des véhicules à disposition pour transporter ces déchets au dépotoir », a-t-il expliqué.
À cette difficulté s’ajoutent, selon le responsable, les perturbations causées par les bateaux miniers aux activités de pêche. Il affirme que des filets sont régulièrement coupés sans dédommagement : « Ce sont des retraités, des anciens pensionnaires de ces sociétés minières qui sont là, des jeunes qui n’ont pas eu de travail chez eux et qui trouvent leur voie ici. Mais les bateaux miniers coupent nos filets de pêche et ne font aucun dédommagement. Et cela est fatigant », a-t-il déploré.
Le chef du port sollicite également l’appui des autorités pour l’acquisition de vedettes destinées au sauvetage rapide des naufragés.

Du côté des pêcheurs, les préoccupations portent également sur les activités de certaines embarcations et des minéraliers.

Alseny Bangoura, vice-président de la jeunesse du port et représentant des pêcheurs, estime que ces activités contribuent à la baisse du trafic de pêche : « Les petits bateaux qu’on appelle “Tingui Tongö” nous fatiguent. Ils font leurs travaux là où on pêche et cela fait que nous ne trouvons pas de poisson après leur passage », a-t-il déclaré.
Il accuse également les minéraliers de dégrader les conditions de pêche. Selon lui, « ils versent du gasoil, des gros cailloux, des métaux et cela gâte nos filets et fait fuir les poissons ».
Alseny Bangoura affirme que les pêcheurs ont déjà interpellé les autorités à plusieurs reprises. « Ils viennent et nous écoutent mais aucune action concrète n’est prise à cet égard », regrette-t-il, ajoutant que les grandes pirogues sont actuellement contraintes, d’aller jusqu’à Bissau pour pouvoir pêcher de bons poissons.

Une mareyeuse rencontrée dans le cadre du reportage explique, hors micro, qu’il leur arrive d’anticiper leurs achats auprès de leurs clients habituels, avant de constater que les quantités de poisson disponibles sont inférieures aux attentes.
Selon elle, les pêcheurs peuvent leur expliquer qu’ils n’ont pas obtenu suffisamment de poissons pour répondre aux besoins de toutes les mareyeuses avec qui ils ont pris de l’argent. Une situation qui affecte directement leur commerce et les oblige parfois à consacrer davantage de temps à la recherche des quantités de poisson souhaitées.

Rencontré à la mairie, le maire de la commune urbaine de Kamsar, Sekou Oumar Sylla, a réagi sur la situation d’insalubrité : « Ce port est une grande source de revenus pour la mairie, nous avons été à Port Nènè et nous sommes conscients qu’il y a un besoin criard de salubrité. Nous avons amorcé un programme d’assainissement dans les marchés. Mais pour le moment nous manquons de moyens vu qu’on vient de prendre les manettes. Nous sommes allés vers les bonnes volontés mais on a été confronté à la réalité de la saison. Les engins ne peuvent pas être déployés par peur d’être embourbés. Mais nous ferons le maximum pour leur venir en aide. », a-t-il assuré.
En attendant une amélioration de la situation, les activités se poursuivent au Port Nènè, mais à un niveau que les acteurs du secteur jugent insuffisant.
Alh Cheick pour Guinée7.com
