Conakry – Le démantèlement de certains immeubles situés en face de l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré alimente les discussions depuis dimanche. Pour vérifier la situation, nous nous sommes rendus sur les lieux ce lundi matin.

Sur place, aucune machine lourde habituellement utilisée pour les opérations de démolition n’était visible. En revanche, des éléments de la gendarmerie relevant de l’Urbanisme ainsi que des agents du Génie militaire étaient présents dans la zone.
Des agents étaient notamment à pied d’œuvre pour procéder au « décoiffage » de certains immeubles, c’est-à-dire au retrait de la toiture. Nous n’avons toutefois pas pu obtenir, sur place, de précisions officielles sur la nature exacte de l’opération ni sur le nombre de bâtiments concernés.
« Ils nous ont dit que c’est pour la sécurité d’État »

Parmi les personnes concernées figure Amadou Camara, un citoyen qui affirme avoir acquis son terrain dans cette zone depuis plusieurs décennies. Il raconte avoir été informé de l’opération dimanche. « J’ai acheté ici depuis 1972. Ils sont venus nous trouver ici hier dimanche. Ils nous ont instruit de démanteler l’immeuble situé ici. Nous avons demandé « pourquoi » ? Ils nous ont dit que c’est pour la sécurité d’État. Nous étions stupéfaits. Mais bon, nous avons décidé de rester derrière les autorités », explique-t-il.
Selon lui, les opérations se sont poursuivies ce lundi avec l’intervention des agents de sécurité. « Ce matin, les agents de sécurité sont venus dégager la coiffure des immeubles », ajoute-t-il.
Amadou Camara précise par ailleurs que les riverains auraient été rassurés sur l’étendue des opérations. « Bref, on nous a rassurés ici que c’est seulement l’immeuble qui surplombe est qui est concerné. En tout cas, chez nous ici », témoigne-t-il.
Les riverains demandent une indemnisation
Si les raisons avancées par les autorités sont liées à la sécurité, le propriétaire dit ne pas vouloir s’opposer à la mesure. Il souhaite toutefois que la situation des personnes concernées soit rapidement prise en compte. « Les autorités nous disent que c’est à cause de la sécurité d’État. Nous ne nous opposerons pas à cela, parce que certainement, notre sécurité en dépend aussi. Cependant, nous plaidons pour une indemnisation rapide. Parce que la dépense devient de trop après ce déguerpissement », plaide-t-il.
Pour l’heure, aucune communication officielle détaillant les motifs, le périmètre et les modalités de cette opération n’a été portée à notre connaissance.
Focus de guinee7.com
