Guinée- À l’occasion d’une activité organisée mardi 29 septembre 2026 en prélude à la fête de l’Indépendance, la commissaire divisionnaire de Police Marie Gomez, Directrice Générale de L’office de protection du genre de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), a échangé avec des jeunes filles sur son parcours professionnel, mais aussi sur les violences basées sur le genre (VBG). Elle a notamment présenté des statistiques faisant état d’une évolution à la baisse des cas de viol enregistrés en Guinée ces dernières années.
Face aux jeunes filles, la Directrice de l’OPROGEM, a expliqué que cette évolution serait notamment liée au renforcement des actions de prévention, de sensibilisation et de formation menées sur le terrain : « de 2018 à maintenant, il y a une baisse. Cela n’est pas dû parce qu’il y avait trop de viol, c’est parce que maintenant les mesures ont été prises. Au niveau des ONG, je l’ai dit dans mon intervention, les ONG nous assistent beaucoup en termes de sensibilisation. Vaut mieux prévenir que guérir. Nous également, en tant qu’officier de police judiciaire au sein de l’OPROGEM, nous organisons souvent à travers le BND que nous recevons des formations et des sensibilisations sur toute l’étendue du territoire. Vous nous voyez souvent nous sillonnons les 10 régions du pays pour pouvoir aller vers la population, leur expliquer les conséquences liées aux VBG (Violences Basées sur le Genre). Parce que n’oubliez pas que les textes que nous avons dans notre arsenal juridique, tout est rédigé en langue française. Et pour une meilleure perception, il faut parler dans nos différentes langues nationales pour que les citoyens puissent mieux comprendre quelle est cette infraction qui est réprimée, quelle est la sanction qui peut en découler en cas de la commission de cette infraction. Donc, c’est pour vous dire que de 2018 à maintenant, vraiment, il y a une baisse.»
Des chiffres communiqués sur plusieurs années
Pour illustrer son propos, Marie Gomez a ensuite détaillé les chiffres de cas de viol enregistrés sur différentes périodes : « en 2017, nous avons enregistré 204 cas de viol sur toute l’étendue du territoire. En 2018, 116 cas de viol. En 2019, 393 cas de viol. En 2020, 374 cas de viol. En 2021, 306 cas de viol. En 2022, 281 cas de viol. En 2024, 225 cas de viol. Et en 2026, de janvier au 31 mars, nous avons enregistré 15 cas de viol.»
Elle a toutefois apporté une précision sur la collecte des données de l’année en cours, qui n’est pas encore achevée : « n’oubliez pas que le reste du mois, la collecte est en train d’être faite par nos représentants régionaux.»
« Elles doivent aller devant les services d’application de la loi »
Au-delà des statistiques, l’intervention de la commissaire divisionnaire de Police a également porté sur les comportements à adopter face aux violences basées sur le genre. Elle a particulièrement insisté sur la nécessité pour les victimes de saisir les services compétents afin de faire valoir leurs droits : « c’est des conseils que nous avons été amenés à prodiguer à nos enfants, à nos sœurs : comment elles doivent se comporter face à une telle infraction. Elles doivent aller devant les services d’application de la loi porter plainte afin qu’elles soient rétablies dans leurs droits. Et en tant qu’officier de police judiciaire, c’est ce que nous pouvons leur dire : comment se comporter dans la société, surtout avec la présence de la nouvelle technologie aussi. Savoir utiliser les réseaux. Être très prudent en utilisant les réseaux.»
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
