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Journée internationale du café : à Föfömèrè (près de Conakry), le café fait vivre et rythme le quotidien

Depuis près de vingt ans, Mamadou Saliou Barry tient un kiosque le long de la T9. Une tasse à 1 500 GNF qui lui a permis d'étudier, de se marier, de construire et d'ouvrir une boutique.

Ce 1er octobre, Journée internationale du café, cap sur Föfömèrè, dans la commune de Kagbelen. Mamadou Saliou Barry y vend du café depuis 2006, quand il était en 8e année. Entre clients ouvriers fidèles et poudre soigneusement choisie, il raconte comment ce petit commerce a changé sa vie.

À Föfömèrè, le long de la T9, un petit kiosque attire les habitués du café. À l’intérieur, trois jeunes sont assis sur des bancs, tandis que plusieurs récipients de café chauffent sur le feu. Derrière cette activité matinale, le gérant, vêtu d’un maillot bleu de l’équipe de France, s’affaire à servir ses clients.

De la classe de 8e année à la vente de café

Mamadou Saliou Barry connaît bien ce commerce. Il s’y est lancé en 2006, alors qu’il était en classe de 8e année. Depuis, la vente du café occupe une place importante dans son parcours : « J’ai eu beaucoup d’avantages dans la vente du café. J’ai construit une maison dans ça, je me suis marié et c’est grâce à ça que j’ai réussi à étudier », raconte-t-il.

Dans son kiosque, il propose du café ordinaire, vendu à 1 500 francs guinéens la tasse. Il distingue cette variété du café express, également présent sur le marché. Pour attirer et fidéliser sa clientèle, il mise notamment sur la qualité de la poudre et la préparation.

« J’achète une poudre qui coûte 80 000 GNF. Si la poudre est bonne et que le café est bien serré, ça attire les clients », explique-t-il.

Sa clientèle est majoritairement composée d’ouvriers. Pour ces travailleurs, le café constitue un rituel qui accompagne le début de la journée et les moments de pause. Selon le revendeur, certains viennent y chercher de quoi se détendre et tenir plus longtemps au travail.

Assis dans le kiosque, Mamadou, un consommateur, témoigne de cette habitude devenue indispensable à son quotidien :

« Quand je prends du café le matin, je suis motivé davantage. Sans le café, je ne suis vraiment pas à l’aise. C’est mon quotidien »

La vente du café représente aussi une source de revenus pour ceux qui en font leur activité. Pour Mamadou Saliou, les bénéfices ne se limitent pas aux recettes quotidiennes. Il possède aujourd’hui une boutique, qu’il présente comme l’un des fruits de son parcours.

Vendre du café, une piste pour les jeunes aux moyens limités

À l’occasion de cette Journée internationale du café, il encourage ainsi les jeunes, notamment ceux qui disposent de moyens limités, à s’intéresser à cette activité:

«Je conseille aux jeunes, surtout ceux qui manquent de suffisamment de moyens, de se lancer dans la vente du café parce que moi, j’ai commencé tout petit, mais actuellement j’ai une boutique, et tout ça grâce au café»

Dans ce petit kiosque de Föfömèrè, le café ne se résume donc pas à une tasse fumante. Pour certains, il accompagne le travail et ponctue les habitudes quotidiennes. Pour d’autres, comme Mamadou Saliou Barry, il est aussi le point de départ d’un parcours économique et personnel.

Alh Cheick pour guinee7.com