Censure

Journée mondiale des enseignants : le SNE met l’accent sur les conditions de travail et les droits des enseignants

À l’occasion des 60 ans de la recommandation de 1966, le SNE interpelle le gouvernement sur les conditions de travail, les salaires et la situation particulière des enseignantes.

Guinée- À l’occasion de la Journée mondiale des enseignantes et enseignants, célébrée ce lundi 5 octobre 2026, le Syndicat national de l’éducation (SNE) a appelé à une meilleure valorisation de la profession enseignante et à des investissements accrus dans l’école publique.

Dans son discours lu ce dimanche 4 Octobre, le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou, a rappelé que cette journée marque le 60ᵉ anniversaire de la recommandation de 1966 sur la condition du personnel enseignant. « 60 ans plus tard, sa vision reste encore à concrétiser », a-t-il déclaré, en évoquant plusieurs difficultés qui affectent le système éducatif guinéen : « la pénurie d’enseignants, la pauvreté des apprentissages, l’effondrement de l’école publique, la dévalorisation de la profession enseignante, mais aussi, les effectifs pléthoriques, les charges de travail excessives et les salaires insuffisants face à la cherté de la vie ».

Pour Michel Pépé Balamou, la restauration de la dignité des enseignants passe notamment par le respect du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation.

Il cite parmi les principales attentes « le déblocage de tous les salaires, le paiement des arriérés de salaires et le rétablissement de toutes les primes », ainsi que « le reclassement des enseignantes et enseignants admis/admises au concours professionnel et ceux engagés en 2017 ».

Le syndicaliste réclame également l’engagement des enseignants contractuels communaux concernés, l’organisation d’un concours pratique de classe pour les contractuels de Conakry, le paiement des primes de fonction des cadres du secteur et « la révision et l’application du statut particulier des personnels de l’éducation et de la formation ».

Tout en maintenant ses revendications, le SNE reconnaît certains efforts du gouvernement. « Il faut également, avec une honnêteté intellectuelle, féliciter et remercier le gouvernement pour le respect de ses engagements en ce qui concerne les points à incidence financière », a déclaré Michel Pépé Balamou, citant « la revalorisation des primes de craie, de documentation et de préparation » ainsi que « la revalorisation des indemnités de logement et de transport ».

Pour l’école publique, il préconise enfin « le financement accru de l’enseignement public, l’augmentation substantielle du budget accordé au secteur de l’éducation et de la formation et la revalorisation de la profession enseignante ».

Les femmes enseignantes réclament plus d’équité

Salamata Bah, présidente du Comité des femmes du SNE a, pour sa part, mis l’accent sur les difficultés spécifiques auxquelles sont confrontées les enseignantes guinéennes.

Elle a notamment dénoncé « la faible représentativité des femmes dans les instances de prises de décisin, le harcèlement en milieu professionnelle, la difficile conciliation entre vie privée et vie professionnelle et les violences sexuelles et sexistes sur les femmes ».

À ces difficultés s’ajoutent, selon elle, « l’accès inéquitable aux primes d’incitation, l’absence quasi totale d’infrastructures d’hygiène adaptées aux femmes dans les écoles et le manque de prise en compte des besoins de santé spécifiques (maternité, post-partum) ».

Pour améliorer la situation, le Comité des femmes du SNE demande à l’État et au ministère de l’Éducation « d’augmenter d’urgence le budget de l’enseignement public pour garantir une éducation inclusive (priorité aux filles/femmes) ».

Il recommande également de « revaloriser les salaires et créant des emplois décents pour résoudre la pénurie et garantir la justice de genre », ainsi que « d’appliquer une véritable politique d’équité dans les nominations administratives et pédagogiques ».

Sur les conditions de travail, les femmes enseignantes réclament notamment « des toilettes sécurisées et séparées et le respect strictement des congés de maternité et des espaces d’allaitement dans les établissements ».

Elles demandent aussi de protéger les personnels contre les violences et le harcèlement fondés sur le genre, notamment par « la ratification et l’application de la Convention n° 190 de l’OIT ».

À l’endroit des organisations syndicales, le Comité des femmes appelle à « favoriser l’intégration et la représentation effective de la diversité des femmes à tous les niveaux décisionnels syndicaux et à renforcer le leadership féminin à travers des programmes de mentorat et de formation.»

La célébration en différé de la Journée mondiale des enseignantes et enseignants est prévue le 31 octobre 2026 à Kankan.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com