Arrivé à Paris le samedi 19 septembre 2026 à bord d’un avion médical affrété par le Général Mamadi Doumbouya, Ibrahima Kassory Fofana tourne une page douloureuse. Incarcéré en avril 2022, jugé sans avoir pu se défendre puis entendu en appel sur son lit d’hôpital, l’ancien Premier ministre ressort de l’épreuve, selon Modi Sory Barry, lavé du soupçon et grandi aux yeux de ses compatriotes.
« L’homme est un apprenti, la douleur est son maître, et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert », a écrit Alfred de Musset.
Kassory Fofana évacué à Paris par avion médical
Dans la douleur des épreuves qu’il vient de subir, dans sa chair et son âme, Kassory Fofana a appris sans doute à mieux se connaître et à cerner davantage les autres dans leur duplicité et leur versatilité, la condition humaine dans toute sa laideur, les trahisons et les ignominies aussi.
Qu’à cela ne tienne !
« Quelle que soit la longueur de la nuit, l’aube finira par se lever » : l’ancien Premier ministre est enfin arrivé à Paris, le samedi 19 septembre 2026, dans la journée, évacué dans un avion médical affrété par le Général Mamadi Doumbouya, celui-là même dont beaucoup ont pensé qu’il lui voulait du mal. C’est en avril 2022 que l’homme qui polarise aujourd’hui toutes les attentions et défraie la chronique a été conduit en prison. Un coup de théâtre, car personne n’avait imaginé pareil scénario funeste pour une personnalité qui a marqué de nombreuses années de vie publique et demeure encore une référence iconique pour plusieurs Guinéens. Kassory Fofana a été admis par la suite à la Clinique Pasteur, où une page de son histoire s’est écrite entre quatre murs, dans l’isolement de la détention et la frustration de restrictions éprouvantes. La parenthèse épouvantable n’a pas fait perdre à l’homme, qui n’a pas arrêté de clamer son innocence et de ruminer son dépit amoureux avec son pays, son honneur et sa dignité. D’ailleurs, condamné par contumace en première instance sans avoir été entendu une seule fois, cloué au lit et atrocement souffrant, presque à l’article de la mort, il a été blanchi en appel, lorsque la justice a daigné l’entendre dans les locaux de la clinique où il était hospitalisé depuis des lustres. Les accusations portées contre lui se sont alors effondrées comme un château de cartes.
Près de cinq ans de détention à la Clinique Pasteur
Durant près de cinq années, il semblait abandonné et ignoré de tous, un triste sort habituellement réservé à ceux qui voient fondre sur eux la disgrâce et se retrouvent déchus de leurs fonctions et titres. Heureusement que les hommes n’ont jamais le dernier mot et que Dieu finit toujours par venir au secours des bonnes âmes et de ses meilleurs enfants. C’est ainsi qu’alors que beaucoup s’étaient résignés à accepter le fait accompli et avaient perdu l’espoir de le voir recouvrer la liberté de sitôt, Kassory Fofana a enfin pu sortir du pays afin de bénéficier des soins sollicités pendant qu’il attendait d’être jugé, et après avoir purgé la peine qui lui a été infligée à l’issue d’un procès auquel son état de santé précaire ne lui a pas permis de prendre part. Il a donc été condamné en son absence, sans avoir eu l’occasion de se défendre des accusations portées contre lui et, partant, de défendre son intégrité et sa dignité bafouées.
Une épreuve qui réhabilite l’ancien Premier ministre
Tout est bien qui finit bien : la justice a sauvé la face de l’État en évitant qu’il ne soit dit qu’un homme a croupi en prison pour rien, en prononçant une peine rédemptrice, tandis que l’opinion, quant à elle, a considéré que l’ancien Premier ministre payait le prix fort de son potentiel politique et de son possible destin présidentiel. Et comme tout ce qui ne tue pas renforce, l’injustice que Kassory Fofana a subie lui a permis de se laver de tout soupçon et donc de se réhabiliter aux yeux d’une opinion longtemps maintenue dans le doute à propos de son honnêteté et de sa probité, jamais encore démenties. Un mal pour un bien, diront de nombreuses personnes profondément croyantes, qui pronostiquent pour l’ancien Premier ministre des lendemains meilleurs après ses récents déboires. À Paris, où il séjourne, livré à lui-même, il a une première bataille à gagner : celle de recouvrer la santé perdue et de reprendre le cours normal de la vie. Animé d’une foi inébranlable et incapable de régler des comptes, il ne garde pas rancune de son expérience malheureuse et porte dans son cœur, avec plus de ferveur encore, son pays et ses concitoyens. Il sait que l’homme d’État est appelé à dominer ses émotions et à privilégier en toutes circonstances la générosité pour donner le meilleur de lui-même et mettre les autres en confiance. Il doit s’oublier pour que l’on se souvienne toujours de lui.
Un homme d’État sans rancune face à l’histoire
Kassory a souffert pour la Guinée et estime qu’elle mérite tous les sacrifices, à commencer par le don de soi, qui est à la fois une vocation naturelle chez lui et un choix pleinement assumé. On ignore ce que l’avenir lui réserve, mais il est déjà dans l’histoire de son pays, dans la mémoire et le cœur de ses compatriotes qui, pour la plupart, regrettent de lui avoir intenté un procès en sorcellerie en se fondant sur le jugement de ses détracteurs, en cédant aux préjugés, en relayant les clameurs publiques : l’œuvre du temps, l’impérium de Dieu !
Modi Sory Barry pour guinee7.com
