Censure

Kaporo Rails : le corps sans vie d’une jeune femme découvert sous une dalle à la ferme

Le colonel Mohamed Ndiaye, responsable de la Police technique et scientifique, décrit une situation alarmante après la découverte du corps d’une jeune femme non identifiée. Les riverains réclament des mesures urgentes pour sécuriser l’ancienne ferme de Kaporo Rails.

Conakry- Le corps d’une jeune femme non identifiée a été découvert dans un abri de fortune, à proximité du marché de Kaporo Rails, à Ratoma. Cette découverte macabre relance les inquiétudes des riverains et des responsables locaux face à la présence de personnes qui occupent clandestinement les lieux.

 

Une découverte macabre a été faite à Kaporo Rails, dans la commune de Ratoma, à Conakry. Le corps sans vie d’une jeune femme, dont l’identité reste inconnue, a été retrouvé sous une dalle transformée en abri de fortune, dans l’ancienne ferme située à proximité du marché de Kaporo Rails.

Sur place, plusieurs personnes ont exprimé leur inquiétude face à l’occupation de cet espace par des individus qui y passeraient la nuit et consommeraient des stupéfiants. Des témoignages recueillis sur les lieux évoquent une jeune femme très amaigrie, qui était dénudée au moment de la découverte. Des riveraines ont pris l’initiative de couvrir son corps afin de préserver sa dignité.

Selon certaines personnes présentes, la victime serait connue sous le prénom de « Binta ». Toutefois, cette information n’a pas été confirmée officiellement.

Après les premières constatations effectuées par la Police technique et scientifique, avec l’appui du commissariat central de Kaporo Rails, la Protection civile a procédé au transport du corps vers la morgue de l’hôpital Donka.

Le colonel Mohamed Ndiaye décrit une situation alarmante

Interpellé par le commissariat central de Kaporo Rails à la suite de cette découverte, le responsable de la Police technique et scientifique a expliqué avoir constaté la présence de plusieurs installations de fortune dans l’ancienne ferme : « nous venons d’être interpellés par le commissariat central de Kaporo rails, suite à une découverte macabre dans l’ancienne ferme de Kaporo. Arrivés sur le lieu, nous voyons une situation alarmante. Mais l’endroit a été déguerpi. Il y avait des cabanes de fortune partout ici. »

Le colonel Mohamed Ndiaye s’interroge sur la manière dont certaines personnes parviennent encore à passer la nuit dans cet espace, pourtant fermé et barricadé. « je ne sais pas par quelle manière les gens reviennent pour dormir sous les dalles là. Ils y passent la nuit, alors que c’est fermé, il y a même des barricades. »

Concernant la victime, il indique qu’il s’agit d’une femme dont l’identité n’a pas été établie au moment de son intervention : « pour cette situation, il s’agit d’une femme léonaise non identifiée, que personne ne connaît dans la zone. L’administrateur du marché là, le chef de secteur de Kaporo rails aussi. Il semblerait que c’est l’une de ces personnes qui fréquentent cet endroit. Ils viennent ici pour leurs sales bésognes : consommer le la drogue communément appelée « kush », et y trouver refuge. »

Le responsable de la Police technique et scientifique déplore également les difficultés rencontrées par les services concernés dans la recherche des vendeurs et des consommateurs de stupéfiants : « c’est une situation qui nous assaille. On recherche les vendeurs, on aussi recherche les consommateurs. Ils se cachent. Qu’une personne arrive à perdre la vie dans un tel lieu est inexplicable. »

Une éventuelle identification par l’ambassade de Sierra Leone

Le colonel Mohamed Ndiaye précise que des démarches ont été engagées auprès du procureur pour la prise en charge du corps et la suite de la procédure. Il évoque également la possibilité de contacter l’ambassade de Sierra Leone, sous réserve de pouvoir établir l’identité de la victime : « nous sommes face de l’ambassade de la Sierra Leone. Mais si elle n’a pas une pièce d’identité ou une carte consulaire nous permettant de l’identifier, l’ambassade ne va pas prendre en charge. Mais qu’à cela ne tienne nous allons les informer, on a déjà informé le procureur, qui nous dit de prendre le corps et de l’envoyer à la médecine légale. »

Au-delà de cette découverte, le responsable de la Police technique et scientifique appelle à une implication accrue des responsables locaux pour empêcher les occupations clandestines de cet espace : « donc on va appeler le chef du quartier à s’impliquer. Il doit mettre des tampons, faire des des patrouilles pour empêcher ces éléments d’être là, mais c’est pas facile. Regardez là où elle est décédée. C’est caché sous les dalles. Si on ne te dit pas que quelqu’un passe la nuit, tu ne peux pas savoir. Regardez partout, il y a des lits, il y a un matelas juste pour passer la nuit. »

L’administratrice du marché dénonce le retour des occupants

Hadja Damaé Camara, administratrice du marché de Kaporo, affirme ne pas connaître la victime. Elle exprime toutefois son inquiétude face à la situation qui prévaut dans cette zone, malgré les opérations de déguerpissement déjà menées : « nous ne la connaissons pas ici. Mais, nous sommes inquiets de cette situation. Nous avons tout fait pour déguerpir ces gens là d’ici, mais impossible. Ils sont très nombreux ici. Nous sollicitons des autorités de mettre tout en œuvre afin que ces gens quittent de cet endroit. Ce ne sont pas des guinéens. Ce sont des étrangers. »

Pour l’administratrice, la présence de ces personnes dans l’ancienne ferme constitue une préoccupation persistante, qui nécessite une intervention des autorités compétentes : « nous souffrons extrêmement avec ces gens dans notre entourage »

Les riverains disent également subir les conséquences de cette occupation. Djenabou Diallo dénonce notamment la consommation de stupéfiants, les dépôts d’ordures et les difficultés rencontrées lorsqu’ils tentent de rappeler les occupants à l’ordre : « nous souffrons extrêmement avec ces gens dans notre entourage. Ils passent leurs temps à consommer des stupéfiants. Ils jettent les ordures partout. Quand nous avons le malheur de leur faire reproches, ils nous insultent. Nous avons tout faire pour les enlever ici. Quand elle est décédée, on nous a appelé, on a mis des gants pour la sortir du troue où elle est, afin que quelqu’un puisse la reconnaître. C’est un d’humain que nous avons posé. Les autorités n’ont qu’à nous venir en aide. »

M’mahawa Camara, une autre riveraine, raconte les circonstances dans lesquelles elle a été informée de la découverte du corps. Elle explique que la victime était dénudée et que des femmes ont décidé de la couvrir pour préserver sa dignité : « quelqu’un nous a dit qu’elle se tordait de douleur et qu’elle vomissait. On nous a appelé qu’il y a le corps d’une femme qui a été découvert ici. Nous nous sommes dit qu’il fallait venir voir. Comme elle était nue, pour nous, il était légitime de la couvrir afin de protéger son intimité. »

La riveraine déplore également la dégradation de l’environnement et le sentiment d’insécurité qu’elle dit éprouver dans cette zone : « ils sont là, personne ne connaît leurs provenance. Ils ont détruit ce lieu. Dès fois, même pour passer ici fait peur. Puisque quand tu passe ici, tu as peur que des gens ne te confondent à eux. »

M’mahawa Camara affirme ne pas connaître personnellement la victime. Elle dit toutefois avoir l’habitude de voir à Kipé Dadia celui que certaines personnes présentent comme le petit ami de la jeune femme : « moi, personnellement, je ne connais pas cette fille. Mais celui que les gens indique comme son petit ami, lui, j’ai l’habitude de le voir à Kipé Dadia. Mais, même lui semble malade. Les deux sont amaigri. La fille est complètement amaigri et des choses sortent de sa bouche. Les gens qui sont avec eux ici, disent qu’elle se nommait Binta. »

Le prénom « Binta » reste donc une indication rapportée par des personnes fréquentant les lieux. L’identité de la victime n’a pas été officiellement confirmée.

Le vice-maire de Ratoma annonce des mesures de sécurisation

Informé de la situation, Souleymane Diallo, vice-maire de la commune de Ratoma, dit déplorer les conditions dans lesquelles le corps a été retrouvé. Il annonce que les autorités communales envisagent de prendre des mesures pour renforcer la sécurité sur le site. « les autorités et communales sont informées, on n’a pas attendu d’être là parce que déjà c’était un corps qu’on a retrouvé dans la cour de Kaporo marché marché, communément appelée la ferme, C’est très alarmant de venir trouver des des personnes qui se couchent sous les dalles, vraiment, c’est pitoyable, on pouvait pas imaginer cela. Mais donc, vu tout ça là, donc c’est un corps qu’on a retrouvé non identifié, dans la mesure du possible, et nous allons prendre des mesures idoines afin au moins de voir si nous pouvons fermer les portails et renforcer la sécurité à l’interne. »

Le vice-maire évoque ainsi la possibilité de fermer les accès et de renforcer le dispositif de sécurité à l’intérieur de l’ancienne ferme, afin d’empêcher de nouvelles occupations.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com

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