Censure

Journée mondiale des villes : derrière le développement urbain, le quotidien difficile des Conakrykas

À Conakry, aller travailler relève parfois d’un parcours du combattant : entre taxis introuvables, embouteillages interminables et loyers hors de portée, les habitants paient cher le prix de la vie urbaine.

Conakry — À l’occasion de la Journée mondiale des villes, célébrée le 31 octobre, les difficultés de déplacement et le coût du logement figurent parmi les préoccupations exprimées par des habitants de la capitale guinéenne. Entre les longues attentes pour trouver un véhicule, les embouteillages et les contraintes financières, le quotidien peut devenir éprouvant.

Résidant à la Cimenterie et travaillant à Kaloum, Mabintou Cissé est confrontée aux difficultés de transport dans ses déplacements quotidiens. Entre les obligations familiales et professionnelles, rejoindre son lieu de travail représente parfois un véritable défi.

« Parfois, après m’être levée le matin, je dois m’occuper d’abord de mes enfants qui partent à l’école avant d’aller au travail. Et dans ces types de jours, je trouve d’énormes difficultés pour rallier le centre-ville », explique-t-elle.

À ces contraintes s’ajoutent les difficultés à trouver un véhicule et les embouteillages sur certains axes routiers. Une situation qui affecte son organisation quotidienne et son arrivée au travail : « Je rentre en retard au travail et fatiguée du trajet », déplore-t-elle.

Pour réduire ces difficultés, Mabintou Cissé envisage de se rapprocher de son lieu de travail en s’installant à Kaloum avec sa famille. Mais cette perspective se heurte à une autre contrainte : le coût du loyer : « Je veux m’approcher de Kaloum avec ma famille. Cependant, le coût du loyer freine la réalisation de cette décision », confie-t-elle.

Le transport, une autre épreuve pour les travailleurs

À l’image de cette fonctionnaire, Blaise Camara, enseignant dans une école privée à la Cimenterie et résidant vers Kagbelen, est lui aussi confronté aux difficultés de déplacement. Chaque matin, rejoindre son établissement peut nécessiter un temps d’attente considérable : « Je suis confronté presque chaque matin au problème de transport. Avant que je ne gagne un véhicule qui accepte de m’envoyer à la Cimenterie, ça prend beaucoup de temps parfois », raconte-t-il.

L’enseignant dénonce également les pratiques de certains chauffeurs de taxi, qui privilégieraient les passagers effectuant des trajets plus longs ou disposant de la monnaie nécessaire pour payer leur course.

Cette situation peut contraindre certains usagers à se tourner vers les motos-taxis, malgré un coût plus élevé : « Si tu as 5 000 le matin et que tu dois faire un tronçon en taxi-voiture, tu risques de payer 10 000 avec les moto-taxis pour le même trajet, au lieu de 2 000 dans la voiture », explique Blaise Camara.

Entre contraintes de déplacement et coût de la vie

Les témoignages de ces deux travailleurs mettent en lumière les difficultés auxquelles ils sont confrontés pour concilier leurs obligations professionnelles, leurs responsabilités familiales et leurs contraintes financières.

Pour Mabintou Cissé, se rapprocher de son lieu de travail pourrait faciliter son quotidien, mais le coût du logement constitue un obstacle. Pour Blaise Camara, les difficultés à trouver un véhicule et le prix des déplacements compliquent les trajets entre son domicile et son établissement scolaire.

À l’occasion de la Journée mondiale des villes, ces expériences individuelles rappellent l’importance des conditions de déplacement et de logement dans la qualité de vie des citadins.

Alh Cheick pour Guinée7.com