Censure

158 millions GNF à rembourser : le pari du tribunal sur la parole d’un commerçant

Après avoir reconnu avoir pris 80 tonnes de ciment sans honorer son engagement financier, Mamadou Oury Sow, poursuivi pour un détournement présumé de 158 millions de francs guinéens, a obtenu sa mise en liberté ce lundi au tribunal de première instance de Dixinn. Il devra désormais tenir sa promesse de remboursement.

Un commerçant est accusé d’avoir détourné 158 millions de francs guinéens. Il s’agit de Mamadou Oury Sow, né en 1987 à Sangarédi. Il est en détention depuis le 29 octobre 2026.

Ce lundi 2 novembre 2026, son procès s’est ouvert devant le tribunal de première instance de Dixinn, en matière de flagrant délit.

À la barre, le prévenu a reconnu les faits qui lui sont reprochés. « Oui, je reconnais. Je suis allé chez M. Djouma par l’intermédiaire d’un ami. J’ai pris une marchandise de ciment », a déclaré Mamadou Oury Sow, avant de préciser qu’il avait pris 80 tonnes de ciment pour les livrer à ses partenaires basés à Kamsar.

Un délai de six jours avait été convenu pour le remboursement de la somme due. Toutefois, le prévenu n’a pas respecté cet engagement envers la partie civile.

« Quand j’ai reçu une partie de l’argent, je me suis dit qu’en tant que commerçant, j’allais en profiter un peu pour chercher des bonus », a-t-il expliqué devant le tribunal, avant de solliciter un délai supplémentaire pour rembourser la somme.

Regrettant les faits, le prévenu affirme avoir déjà réuni et versé à la partie civile une partie du montant, soit 70 millions de francs guinéens. Il s’engage à rembourser le reliquat dès sa sortie de prison.

« Je demande pardon au tribunal et à M. Djouma pour ce qui s’est passé. […] C’est la première fois que je suis privé de mes droits et je ne le souhaite à personne », a-t-il ajouté.

De son côté, Mamadou Djouma Bah, le plaignant, a affirmé maintenir sa plainte contre le prévenu. Il a ensuite relaté les différentes démarches entreprises pour récupérer son argent, tout en indiquant avoir perdu confiance en ce dernier.

Au cours des débats, l’avocat de la défense a sollicité la mise en liberté de son client, tout en s’engageant à ce que celui-ci rembourse la somme due dans les meilleurs délais. Une demande à laquelle le procureur ne s’est pas opposé, estimant qu’elle pourrait favoriser le rétablissement de la partie civile dans ses droits.

Ainsi, en application de l’article 244 du Code de procédure pénale, le tribunal a ordonné la mise en liberté du prévenu et renvoyé l’affaire au 16 novembre 2026.

Le juge a ainsi accordé au prévenu le bénéfice du doute quant à son engagement de rembourser la somme due à la partie civile avant la prochaine audience.

Bhoye Barry pour guinee7.com