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Trois tonnes d’or : l’actuel gouverneur de la BCRG, Yéro Baldé et deux autres témoins convoqués le 23 novembre

L'ancien gouverneur, qui affirme avoir toujours respecté la loi, soutient que les trois tonnes d'or ont été transférées légalement chez Affinor. La cour a ordonné la comparution de Karamoko Kaba, Abdoulaye Yéro Baldé et deux autres témoins le 23 novembre.

Conakry- La défense de l’ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) sera au cœur de la prochaine audience dans l’affaire des trois tonnes d’or. Après les explications du prévenu, qui conteste tout détournement, la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné la comparution de quatre témoins, dont l’actuel gouverneur de la BCRG, Karamoko Kaba. L’audience est renvoyée au 23 novembre 2026.

À la barre, ce mercredi 4 novembre, l’ancien responsable de la Banque centrale, qui a occupé cette fonction de 2010 au 5 septembre 2021, a fermement rejeté les accusations portées contre lui. « Je ne reconnais pas les faits. Je suis ici parce que j’ai été gouverneur de la BCRG à un moment donné. Je suis quelqu’un qui a toujours respecté la loi », a-t-il déclaré pour sa défense.

Au sujet des trois tonnes d’or incriminées, le prévenu a expliqué que le métal précieux avait été transféré chez Affinor, partenaire de la BCRG, dans le cadre d’une opération de monétisation, consistant à transformer l’or brut en or monétaire convertible en devises. Il nie avoir détourné cet or et affirme ne disposer d’aucun lien personnel avec le raffineur. « C’est Affinor qui détient les trois tonnes d’or. Je n’ai aucun lien personnel avec eux. Cela me blesse que les gens pensent que j’ai détourné trois tonnes d’or. D’ailleurs, il y a eu une bataille de procédure dans cette affaire entre la Guinée et Affinor, et la Guinée l’a remportée. Par conséquent, je pense qu’on ne peut plus parler de détournement », a-t-il soutenu.

30 millions de francs guinéens de salaire et des biens immobiliers

Interrogé également sur ses revenus lorsqu’il dirigeait la BCRG, l’ancien gouverneur a révélé qu’il percevait un salaire mensuel d’environ 30 millions de francs guinéens, auquel s’ajoutaient certaines primes, notamment les primes de fête.

Il a aussi présenté les différents biens qu’il possède. Il a notamment déclaré disposer d’un compte bancaire à la BCRG ouvert en 1993, alors qu’il était directeur général, et d’un compte épargne à la Bicigui depuis les années 1990.

Sur le plan immobilier, il a cité une maison à Entag, acquise en 1994, une autre à Matam depuis 2001 et une maison familiale au village. Il a également déclaré posséder des terrains à Sonfonia, acquis en 2001, à Kironty depuis 1998, ainsi qu’à Manéah et Kagbélen.

Quatre témoins pour éclairer la cour

Après les questions des différentes parties, le ministère public a demandé la comparution de plusieurs personnes afin de faire la lumière sur les conditions de conclusion du contrat avec Affinor.

Le substitut du procureur a notamment sollicité l’audition de Mamady Condé, représentant légal d’Affinor en Guinée, ainsi que celle d’Abdoulaye Yéro Baldé, ancien vice-gouverneur de la BCRG. Le parquet souhaite notamment obtenir des explications sur la présentation du représentant d’Affinor au prévenu et sur les circonstances de la signature du contrat.

L’actuel gouverneur de la BCRG, Karamoko Kaba, a également été cité parmi les témoins souhaités par le ministère public.

De son côté, la défense a demandé la comparution de Daouda Diané, directeur juridique de la Banque centrale, présenté comme celui qui a élaboré le contrat au centre de la procédure.

À l’issue des débats, la cour a ordonné la comparution des quatre personnes : Karamoko Kaba, Daouda Diané, Abdoulaye Yéro Baldé et Mamady Condé.

Leur audition est attendue le 23 novembre prochain, date à laquelle les débats reprendront devant la chambre de jugement de la CRIEF.

Abdoul Lory Sylla pour Guinee7.com