Guinée- Champion d’Afrique aux Jeux universitaires africains 2026 avec l’équipe de l’Institut supérieur des technologies (IST) de Mamou, Hamidou Barry revient sur le parcours de son équipe en Égypte, les conditions de préparation, l’accueil réservé à la délégation et les ambitions pour la prochaine Coupe du monde universitaire prévue en 2027. Dans cet entretien, le technicien évoque également la question des récompenses et insiste sur la nécessité de travailler davantage pour espérer décrocher un nouveau trophée.
Guinee7.com : Vous revenez d’Égypte où vous avez conduit la Guinée au sacre continental. Comment s’est déroulé votre parcours dans cette compétition ?
Hamidou Barry : Franchement, comme vous l’avez dit, nous revenons du Caire, où la Guinée a été championne d’Afrique. L’Institut a représenté la Guinée et a été champion d’Afrique. C’est un voyage qui s’est très bien passé. Nous avons pu regrouper tous les enfants à Mamou pour préparer la compétition pendant un mois. Tous les joueurs concernés étaient à Mamou. Après ce mois de préparation, nous sommes partis à Conakry. Avec les préparatifs, le voyage n’a pas été difficile pour nous. Nous avons pu effectuer l’aller-retour dans de bonnes conditions.
Sur le plan sportif, la compétition s’est également très bien passée. Nous n’avons perdu qu’un seul match, contre le Bénin, lors de la phase où il fallait jouer pour terminer premier ou deuxième. Le Bénin nous a battus et nous avons terminé deuxièmes. Par la suite, nous avons retrouvé cette équipe en finale, où la Guinée a réussi à devenir championne d’Afrique des Jeux universitaires en 2026.
Que représente ce sacre pour vous, en tant qu’ancien joueur de haut niveau devenu entraîneur ?
C’est une fierté pour moi et pour toute la Guinée. Je pense que c’est la première fois que la Guinée est championne d’Afrique aux Jeux universitaires. C’est aussi une fierté pour Mamou, qui a été championne deux fois dans la même année. Nous avons d’abord été champions de Guinée aux Jeux universitaires, avant de devenir champions d’Afrique dans la même compétition. Je suis très fier de cela, parce que ça fait désormais partie de mon parcours et de mon CV : être champion de Guinée, puis champion d’Afrique la même année. C’est une grande fierté pour moi.
Après ce sacre, comment s’est passé votre retour en Guinée et l’accueil réservé à la délégation ?
Le retour s’est très bien passé. Nous sommes arrivés à Conakry le 19. Nous avons été accueillis à l’aéroport par les jeunes et les cadres du ministère de l’Enseignement supérieur, sous la pluie. Certains sont rentrés à l’hôtel et d’autres ont reçu des moyens de transport pour rejoindre leurs domiciles. Le samedi, le dimanche et le lundi, nous nous sommes rendus au ministère. Malheureusement, la ministre n’était pas présente, mais nous avons été reçus par les cadres du département, notamment le directeur, M. Kandas, et d’autres responsables.
Nous avons ensuite animé une conférence de presse avant de rentrer. Personnellement, je suis revenu à Mamou parce qu’un autre tournoi était en préparation et que Mamou devait y participer. Je suis donc reparti avec l’équipe. Là aussi, les filles de Mamou ont été championnes du tournoi. L’Institut a organisé une réception en l’honneur de l’équipe. Il y a également eu un match de basket avec les enfants. Tout s’est très bien passé.
Après ce titre continental, la prochaine échéance est la Coupe du monde universitaire prévue en 2027 au Canada. Comment envisagez-vous cette compétition ?
Pratiquement, je suis serein. Nous sommes sereins par rapport à ce qui est en train de se faire. Pour la préparation de la Coupe d’Afrique, un coach m’avait proposé d’amener les enfants à Conakry, mais j’avais dit non. Nous nous sommes entraînés à Mamou pour devenir champions de Guinée. Celui qui veut venir avec nous doit venir à Mamou, parce que Mamou est une ville sportive. Il y a aussi le volet du football, avec le trophée de champion de Guinée, et le basket qui commence également à avancer. Nous attendons maintenant que le programme soit fixé.
Cette année, l’équipe qui ira représenter la Guinée devra passer deux mois à Mamou pour se préparer. Nous sommes toujours engagés à honorer notre mission : défendre le pays et essayer d’être champions. C’est notre contrat : honorer la Guinée. Le reste revient aux autorités.
Justement, après ce sacre continental, avez-vous bénéficié de récompenses ou de primes annoncées par les autorités ?
Pratiquement, je ne vais pas vous mentir. Même en Égypte, lorsque nous avons joué la finale, nous n’avons pas vu autre chose à part le trophée. Il n’y avait pas d’enveloppe pour dire que c’était destiné à l’équipe gagnante. Nous sommes revenus en Guinée et, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas vu quelqu’un venir nous dire que quelque chose était prévu pour l’équipe. Je ne l’ai pas vu. Personne ne m’en a parlé non plus.
Donc, s’il y a des gestes à faire pour l’équipe, ou si cela a déjà été fait, moi, je ne suis pas informé. Nous ne savons même pas si quelque chose est prévu ou non. Pour être clair, nous avons accompli notre mission et nous sommes revenus. S’il y a quelque chose à faire pour l’équipe, cela nous fera plaisir et permettra de motiver davantage les enfants. Mais jusqu’à présent, je n’en ai pas connaissance.
Tous les joueurs qui ont participé au sacre continental seront-ils reconduits pour la prochaine échéance mondiale ?
Dans les conditions normales, tous ceux qui étaient en Égypte peuvent être retenus. Personne n’est exclu. Mais, comme il s’agit d’une compétition internationale, vous savez que dans une sélection, à chaque étape, il faut faire des réaménagements. L’objectif n’est pas seulement de voyager. Il faut aller décrocher le trophée. Vous avez vu que certains joueurs de l’équipe universitaire de Mamou, pourtant championne de Guinée, n’étaient pas en Égypte.
Pour cette compétition, c’était la Guinée qui était représentée. Il fallait donc voir comment constituer une bonne équipe capable de défendre le pays. Nous ne pouvions pas nous fier uniquement à l’équipe de Mamou. Il fallait renforcer l’effectif. Maintenant, si nous devons aller à la Coupe du monde, il faudra revoir la situation. Avec l’IST, mon assistant et moi, nous allons voir ce qui est nécessaire et le faire. Ce ne sera plus une question de Mamou, mais une question de la Guinée et de l’Afrique. Nous irons représenter le continent.
Quelles sont, selon vous, les conditions nécessaires pour remporter le championnat du monde universitaire ?
Pour remporter le championnat du monde, c’est très simple : il faut travailler. Il n’y a pas de maraboutage dans ça. Sinon, plusieurs pays ne seraient déjà champions du monde. Tout ce qui compte, c’est le travail. On ne peut pas rester assis et se dire qu’on va gagner. Il faut travailler. C’est pourquoi je vous ai dit que, pour ce mondial en 2027, l’équipe qui doit aller représenter la Guinée devra passer deux mois à Mamou pour se préparer, si la compétition se déroule pendant les vacances. À cette période, tout le monde sera en vacances. Nous allons donc préparer conséquemment la compétition pour pouvoir réellement représenter la Guinée et l’Afrique.
Merci, coach.
Je vous remercie, monsieur Barry.
Thierno Abdoul Barry pour Guinee7.com
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