Fonikè Manguè (à gauche) et son avocat, Me Béavogui

Poursuivis pour « menaces notamment de violence ou de mort, pour la mise à la disposition d’autrui d’informations de nature à troubler la sécurité publique et communication et divulgation de fausses informations »(sic), Oumar Sylla alias Foniké Menguè, responsable Action et mobilisation du FNDC, était à nouveau devant le juge du tribunal correctionnel de Dixinn.

La séance du jour a porté sur la continuation des débats.

A l’entame de la séance, le président du tribunal, Alphonse Charles Whrith, a présenté au titre des pièces à conviction, deux téléphones, un CD, placés au greffe. Et demandé au prévenu s’il reconnait ces objets. Foniké Menguè a reconnu que les téléphones lui appartiennent. Et a indiqué qu’ils les lui ont été pris, lorsqu’il a été «kidnappé» et s’est dit surpris de voir le «CD sur lequel il est écrit Espace FNDC».

A la question du président du tribunal adressée au procureur Sidy Souleymane Ndiaye, de savoir pourquoi, le prévenu n’a pas eu connaissance du contenu du CD, le procureur a soutenu que Oumar Sylla alias Foniké Menguè  «n’a coopéré à aucune étape de la procédure» que le CD lui avait été montré. Et que la transcription de cet élément sera faite lors de la phase des réquisitions. Qu’il n’a pas soumis de débat contradictoire devant le juge d’instruction.

A leur tour, les avocats de la défense, ont soulevé le « déni des lois fondamentales ». Et ajouté qu’à aucun moment, on ne nous a exhibé un tel CD. Et demandé d’écarter cette pièce, pour respecter les droits de la défense.

Le juge, à cette remarque, a répondu qu’on ne peut pas écarter cet élément qui a déjà été ordonné. Il a ensuite fait écouter publiquement le CD à travers son ordinateur.

Sur ce CD est enregistré une intervention de l’accusé dans un numéro de l’émission les Grandes gueules de la radio Espace FM, dans laquelle on entend le prévenu lancer un appel de mobilisation aux militants du FNDC, et souligner la responsabilité de certains hauts cadres dans les violences survenues à Nzerekoré.

Après l’audition de ce CD, Foniké Menguè a reconnu les propos, et a dit les assumer «au nom du peuple de Guinée avec honneur».

Les avocats de la défense, à travers Me Pepe Lamah a demandé la remise en liberté de leur client. Il a soulevé le fait que la détention préventive n’a plus son sens. Vu que leur client a fait 4 mois à la maison centrale.

Par rapport à cette demande, le procureur Sidy Souleymane Ndiaye a indiqué que Foniké Menguè «n’est pas n’importe qui au sein du FNDC». Et que le mettre en liberté sera «un risque grave pour l’ordre public». Et a estimé que le maintenir en détention «éviterait le renouvellement de l’infraction».

A ce niveau, Me Pépé Antoine Lama a rappelé que «le FNDC n’est pas une association terroriste», tout en indiquant à l’endroit du président du tribunal : «Vous avez la preuve que c’est un procès politique que monsieur le procureur veut faire. Vous avez à faire avec un parquet politique. Je n’ai pas parlé de politique, mais le procureur parle politique.»

Après avoir écouté les parties, le président du tribunal, Alphonse Charles Whrith, a rejeté la demande de mise en liberté pour le motif que la libération de Foniké Menguè constitue un risque de trouble à l’ordre public. Et renvoyé la suite des débats au 20 août prochain.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com