C’est dans les locaux de la direction de la police judiciaire (DPJ), ce mercredi à Conakry, que l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), a présenté Alhassane Barry, accusé d’avoir violé Fatoumata, âgé de 7 ans. Alassane Barry, âgé de 47 ans, cordonnier au marché de Taouyah, marié et père de 3 enfants a nié les faits qui lui sont reprochés. Il est revenu sur les circonstances.

« Le vendredi, vers 14h, la fille est venue chez moi, que sa chaussure est coupée et d’arranger pour elle. D’habitude sa famille, quand ils ont des problèmes avec leurs chaussures, ils envoient chez moi, parce qu’on avait habité ensemble dans la même concession. J’ai arrangé la chaussure. Mais comme depuis qu’on habitait dans la même cour, je m’amusais avec la petite fille, soi-disant c’est ma femme. Là où je travaille, la table est dehors, ce n’est ni dans un magasin ni dans un hangar. Il y a trois ateliers de couture à mes côtés, il y avait des gens assis un peu partout autour de nous, je leur ai dit, celle-là, c’est ma femme. Il y a l’un des couturiers qui a demandé à la fille, est-ce que tu peux te marier au vieux là, elle a dit non. Je lui ai dit non, laisse-la, elle n’a pas encore grandi, elle ne peut pas faire son choix à l’heure-là, ce qu’elle connait, c’est si elle gagne la nourriture elle mange c’est tout », a-t-il narré.

 « En plein 14h, au milieu des gens. Je l’ai attrapée pour dire que c’est ma femme. Mais je ne peux pas faire ce genre de choses. Ma fille était arrêtée à côté de moi aussi. Je ne peux pas le faire. Je ne peux pas prendre une petite fille comme ça au milieu du marché, pour faire ce genre de choses. Ma femme est à la maison, actuellement, si on m’appelle même pour me dire qu’elle a accouché, ça ne va pas me surprendre. Je regrette les circonstances, mais je ne peux pas faire ce genre de choses », s’est-il défendu.

A son tour, Bibatou Conté, mère de la présumée victime a donné, en langue soussou, sa version des faits.  « Je n’étais pas sur les lieux, j’étais allée débarquer mes bagages dans la voiture. Je l’ai laissée avec sa chaussure coupée. Elle m’a prévenue de ça. Je lui ai dit de rester auprès des bagages, je vais chercher le reste des bagages et lui acheter une paire de chaussures. A mon retour, je l’ai trouvée avec une femme enceinte qui vit avec moi. Je leur ai dit de rentrer à la maison (…)  Quand je suis rentrée à la maison, j’ai remarqué qu’elle portait sa chaussure qui avait été réparée, je l’ai appelée, et je lui ai posé la question de savoir comment sa chaussure a été réparée ? Elle n’a rien répondu. Je lui ai encore posé la question. Elle m’a finalement répondu, qu’elle est allée chez ce monsieur pour réparer sa chaussure et que ce dernier a fait rentrer sa main dans sa petite culotte. Donc j’ai appelé mon frère auquel j’ai expliqué le cas», a-t-expliqué.

Etant les premiers à avoir pris l’affaire en charge, Camara Djamilatou, commissaire urbaine de Taouyah a étalé les procédures qui ont mené à l’interpellation du présumé violeur. « Le 27 juin 2020, mon service a reçu monsieur Mohamed Sibila en compagnie de sa sœur Habibatou, la mère de la victime Fatoumata, qui a subi un viol. Le monsieur est un cordonnier de profession dans le marché de Taouyah, il est âgé de 47 ans, marié et père de 3 enfants. La petite qui est élève, est âgée de 7 ans. Donc suite à cette déclaration, on a fait une convocation auprès de l’administration du marché afin de pouvoir conduire monsieur Alhassane Barry pour des fins d’enquête. On a fait une réquisition chez le médecin où la petite est partie, et on a attendu le résultat du médecin, et il y a eu défloraison de 14 jours », a révélé la commissaire.

Quant au Commissaire Ibrahima Alifac, chef de département protection genre et enfance au niveau de l’OPROGEM, il a rappelé le rôle joué par l’Office dans cette affaire. « Le lundi, ils nous ont référé et la petite et le présumé auteur, que nous avons reçus, nous avons repris leur audition. Au jour d’aujourd’hui les auditions sont déjà prêtes et en plus, nous avons fait la lecture du rapport médicolégal, qui nous a donné les détails liés sur le point médical, qui a fixé l’ITT, l’incapacité de travail de la petite pour 15 jours. Et qui a signalé que c’était une défloraison récente, qu’il y a eu même des gouttelettes de sang qui étaient là. La partie la plus importante, c’est la position des blessures. Il n’a pas reconnu le viol, mais il reconnait être entré en contact avec cette petite-là. Pare qu’il reconnait que la fille est venue faire la réparation de sa chaussure et il reconnait aussi avoir pris la fille par sa hache pour la présenter aux gens pour dire que c’est sa future femme », a fait remarquer le commissaire.

Enfin, la DGA de l’OPROGEM, commissaire principal de police, Marie Gomez, a encouragé les citoyens à continuer à dénoncer les cas de viols. « La population guinéenne commence à collaborer franchement avec la police. Cela nous va droit au cœur. Nous leur demandons davantage de revenir vers nous, quand les enfants sont victimes de viol», a-t-elle plaidé.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com