Ahmed Sékou Touré, responsable suprême de la révolution

Les nostalgiques de la révolution, qui sont-ils ? Ce sont des collègues de service, des voisins de quartier, des camarades de promotion et bien d’autres de nos concitoyens avec qui l’on échange à bâtons rompus lors des rencontres de la vie quotidienne. La révolution en question est bien celle du PDG-RDA, le parti Etat qui a régenté la Guinée les vingt-six ans du règne du feu président Ahmed Sékou Touré. La révolution ‘’pédégiste’’ constitue une page de l’histoire collective des Guinéens, cela va de soi, mais elle est une partie intégrante de l’histoire individuelle de ceux et celles qui l’ont
vécue. Et quand nous nous rencontrons nous ne pouvons pas ne pas en parler, elle nous unit en même tant qu’elle nous oppose, chacun en a tiré les leçons qui ne s’accordent pas avec celles des autres. De manière générale nous sommes divisés en deux groupes antagonistes, les pro et les anti-révolutions. Je suis de ceux qui ne mâchent pas leur mot pour fustiger la révolution d’hier. Nous l’incriminons en effet de tous les maux dont souffre la Guinée indépendante. Ce sont notamment :
–       Un enseignement dévoyé : l’école guinéenne a tôt dévié des bons principes de rigueur et de transparence qui fondent toute éducation d’excellence. Elèves et maîtres ont tous été embrigadés dans un vaste mouvement de propagande idéologique au seul profit du régime et de son chef.
–       Une administration corrompue :’’ Sékou Touré fait semblant de payer ses fonctionnaires, ses fonctionnaires font semblant de travailler.’’ Cette boutade d’un humoriste en dit long sur cette administration qui était tout sauf une administration de développement. Il fallait être un fils à papa ou un fieffé démagogue pour évoluer aisément dans la hiérarchie.
–       Une économie exsangue : l’imposition du carnet de ravitaillement en denrées de première nécessité et le payement en nature de l’impôt per capita ont laissé de tristes souvenirs dans la mémoire des populations dans ce pays reconnu pour ses immenses richesses naturelles.
–       Une politique de terreur : la révolution a embastillé et tué au bas mot 50.000 Guinéens selon les chiffres d’Amnesty international et poussé à l’exil des milliers d’autres Guinéens.

En dépit de ce bilan catastrophique de la révolution, les nostalgiques continuent de chanter à sa gloire et à celle de son leader, le président Ahmed Sékou Touré. Le problème est que l’esprit du Guinéen a été si bien maté que nombre d’entre nous en restent marqués pour toute leur vie, leur capacité de discernement a été pratiquement anéantie. C’est le poète argentin Jorge Luis Borgès qui campe mieux ce genre de mentalité, il écrit : « Les dictatures fomentent l’oppression, la servilité, la cruauté ; mais le plus abominable est qu’elles fomentent l’idiotie. » Reconnaissons que cette frange de nos concitoyens abêtis par la révolution ne sera jamais guérie de son idiotie, on ne peut pas la rejeter, on vit avec elle.

 In Le Démocrate, partenaire de guinee7

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