Le bras de fer qui oppose  l’homme d’affaires Mohamed Kourouma « Hamana » et le PDG de la société Safricom  autour  des 27 mille  tonnes de riz achetées auprès d’une société indienne dénommée LT FOODS  continue de  défrayer encore  la chronique dans la cité. Avec le recul, et au regard des faits, la société transco, l’autre protagoniste de cette affaire, est soupçonnée d’avoir floué Alsény Barry, en l’amenant à acheter 5 mille tonnes de riz qui appartiendraient à la société « Hamana».

Sur la genèse de cette affaire,  le PDG de la société « Hamana » a rappelé le 25 février dernier lors d’une conférence de presse, que c’est bien lui qui aurait  passé une commande  de  27 mille  tonnes de riz auprès d’une société indienne dénommée LT FOODS.  C’est alors qu’il aurait chargé  la  société TRANSCO d’assurer des opérations de « manutention, de transit, et de transport » de sa marchandise, du port vers son entrepôt de stockage de produits situé dans la commune de Matam.  Le montant de cette prestation fut alors fixé  à 3.248.472.000 francs guinéens. Mohamed Kourouma dit être tombé des nues, quand il s’est aperçu que la société Safricom, appartenant à M. Alseny Barry,  a voulu extraire 5 mille tonnes du bateau contenant la cargaison de 27 mille tonnes. En l’assignant en justice, sous le prétexte que Safricom disposerait bien de 5 mille tonnes de riz dans ce même bateau.  Nous étions en 2012, et le Tribunal de première instance (TPI) de Kaloum ainsi que  la Cour d’Appel de Conakry ont juste rendu des verdicts, comme s’ils voulaient ménager les susceptibilités. En disant que la société « Hamana a commandé 27.000 tonnes de riz, elle doit donc avoir ses 27.000 tonnes. SAFRICOM a 5 000 tonnes. Elle doit avoir ses 5 000 tonnes. Ce qui donne un total de 32.000 tonnes de riz au lieu  de 27000 tonnes, tel que mentionné dans le connaissement de Hamana.

Ce sont ces décisions judiciaires qui auraient permis à la société Safricom  d’extraire  5 000 tonnes de riz du bateau. Et le hic dans cette affaire, est que la société ne disposerait pas de connaissement à propos, dit-on.

Certes Alsény Barry se défend en clamant haut et fort, disposer d’un connaissement original. Mais qui pour le moment n’a pas été présenté à la presse. D’où des doutes sur l’authenticité dudit document.

Au regard de ce qui précède, certains observateurs se demandent finalement si Alsény Barry ne s’est pas laissé mener en bateau par Transco de Saloum. Cette société de manutention portuaire soupçonnée d’avoir cédé les 5000 tonnes de riz prélevées sur les 27 000 tonnes de Hamana, à la société Safricom.

Sur la question d’une éventuelle complicité entre Safricom et Transco,    Kéita Kader, Directeur administratif et financier de la société Transco S A, balaie tout cela du revers de la main. Interrogé par notre reporter, M. Kéita répond sans détours que « c’est quand même grave de nous accuser d’être complices de la société Safricom. D’ailleurs Hamana ne peut pas nous accuser d’être complices dans la mesure où il n’y a aucune relation de travail qui a été établie ou de collaboration sur quelque forme que ce soit, entre la société Safricom et la société Tranco », a-t-il souligné.

Puis d’ajouter : « en effet, quand vous dites Hamana nous a effectivement choisis comme consignateur et manutentionnaire, transporteur de la cargaison de riz qu’il avait commandée pour son compte. Et à ce jour, effectivement dans le navire, il y avait 27000 tonnes à la commande mais Hamana en a payé pour 22000 tonnes. Et il en a reçu 19 406 tonnes. Il a abandonné 1855 tonnes dans les magasins du port de Conakry », a indiqué notre interlocuteur.

Kader Kéita de poursuivre son explication en ces termes « parce que tout simplement comme je vous avais dit Hamana nous a choisis comme consignataire et manutentionnaire de ce navire pour son compte. Donc son compte en réalité c’est 22000 tonnes. Nous avons effectivement manutentionné les 22000 tonnes que nous avons libérées à Hamana 19406 tonnes. Et il a 1855 tonnes dans nos magasins au port autonome de Conakry », a-t-il reconnu.

A la question de savoir pourquoi Hamana n’est pas venu chercher le reste de sa marchandise? Kader répond que « c’est la bonne question qu’il faut poser à Hamana. Pourquoi Hamana tu refuses de venir chercher tes 1855 tonnes au port de Conakry. Ce que je sais, Hamana na pas dédouané ses 1855 tonnes de riz, a-t-il révélé.

Sur le plan judiciaire, le porte-parole de Transco rappelle que « l’action qu’Hamana a intentée contre la société Tranco se trouve au niveau de la Cour suprême. Nous sommes en attente de la décision de la Cour suprême. Donc nous sommes conscients qu’Hamana dans la même affaire a été déboutée,  quand il a intenté la même action contre Safricom. Normalement, on devrait aussi avoir  gain de cause  dans cette affaire. La vérité devrait être dite et montrer à Hamana que les 5000  tonnes ne lui appartiennent pas,  et qu’il a encore 1855 tonnes au port autonome de Conakry, qu’il refuse de prendre pour lequel il nous attaque pour un montant faramineux de 22 milliards de francs guinéens. Donc on attend l’arrêt de la Cour suprême », a conclu M. Kéita.

A noter que Hamana a désavoué la Cour suprême, tout en accusant son président de « parti pris».

Mamady Kéita in L’Indépendant, partenaire de guinee7.com

 

 

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