« A bas les assassins » !  scandaient ce matin les femmes de Kaloum pour exprimer leur colère  contre la « criminalité » qui sévit dans les centres  hospitaliers guinéens. Couchée à même le sol, Salématou Camara a rendu l’âme en donnant naissance, il y a quelques jours dans un CHU.

Du port de Boulbinet jusqu’à  Ignace Deen, les femmes ont marché. La détermination se mesure à la rage qu’elles ont voulu montrer. Certaines sont inconsolables. Les larmes aux yeux. Elles gardent toujours
des souvenirs de façon lancinante et enivrante de celles qui ont perdu la vie  au grand mépris des sages-femmes et autres personnels de santé.

« Nous attendons l’arrivée de l’autorité suprême, indique Makhadi Camara, présidente de la délégation spéciale de Kaloum  pour qu’on donne des sanctions réelles. C’est vrai que la mort est inévitable, nous sommes tous des religieux. Nous savons tous que nous allons partir ! Ils sont là pour respecter les malades, pas le contraire».

Elle  a également évoqué la gratuité de la césarienne offerte par le chef de l’Etat. Malheureusement elle constate que les médecins ont du mal à respecter cette mesure. Quasiment habillées en rouge, les manifestantes ont marché pour  que  les droits humains soient respectés notamment dans nos hôpitaux.

Les trois agents de santé suspendus

Trois agents de santé travaillant au sein du Centre hospitalo-universitaire de Donka, le plus grand du pays, ont été suspendus de toute activité, ce pour trois mois, suite au décès d’une femme qui aurait accouché la semaine dernière dans l’enceinte de ce grand hôpital, faute d’assistance, avant de décéder ensuite d’hémorragie, a-t-on appris de sources concordantes.

Les trois agents de santé doivent être entendus ce jeudi par la direction de la police judiciaire dans le cadre d’une enquête ouverte par les autorités compétentes, en vue de faire la lumière sur cette affaire qui défraie la chronique dans la cité, rapportent les mêmes sources.

Plainte pour non-assistance à personne en danger

Au-delà de cette démarche administrative engagée par les autorités suite au tollé suscité par le décès de la dame, dans les médias locaux, l’époux de la défunte, un certain Aboubacar Camara a décidé de porter plainte auprès de la justice pour “non-assistance à personne en danger” contre le Centre hospitalo- universitaire de Donka et le Centre hospitalo-universitaire d’Ignace Deen.

Car, c’est faute d’attention pour lui permettre d’accoucher dans de meilleures conditions au CHU d’Ignace Deen que l’épouse de Camara s’est rabattue sur le CHU de Donka.

Les services des maternités de ces deux grands hôpitaux que compte la Guinée auraient pêché semble-t-il par “le refus de porter assistance” à cette femme alors qu’elle était en travail, selon la version de la famille de la victime.

Mercredi à l’hôpital Donka, en vue de renforcer les moyens logistiques de ce CHU qui reçoit de nombreux patients au quotidien, dont des femmes enceintes.

 JB. Avec Xinhua

 

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