Le député uninominal de  la circonscription électorale de Gaoual a, dans un entretien accordé à nos confrères de lynx.fm, fait de révélations par rapport à la prochaine visite  du président Alpha Condé à Labé. Ousmane Gaoual Diallo a également expliqué l’objectif de la tournée de son président Cellou Dalein Diallo en région Forestière. Et ce n’est pas tout, selon lui, ce n’est pas l’arrivée de Paul Kagamé et autres qui détermineront la modification de la constitution guinéenne pour un troisième mandat.  Loin s’en faut.

Quelle est votre lecture de la situation politique sociale et économique actuelle de la Guinée ?

Ousmane Gaoual Diallo: Beaucoup d’inquiétudes dans notre pays. Les indicateurs ne sont pas ouverts sur le plan de l’économie. Chacun d’entre nous est en train de vivre la situation extrêmement difficile de notre économie. Les populations souffrent sous le poids de taxes et autres frais qui sont prélevés par l’Etat. Les importations sont réduites, les denrées de première nécessité redeviennent de plus en plus inaccessibles alors qu’on n’a pas encore atteint la période de soudure.

Le carême arrive à grand pas. C’est une inquiétude pour tous les pères de familles. Le panier de la ménagère est difficile. Cela montre qu’économiquement, les Guinéens s’attendent à des jours extrêmement difficiles et on ne voit des perspectives tant il n’y a pas de boussole. Je ne sais pas vers où Alpha Condé et son gouvernement veulent conduire l’économie de notre pays essentiellement axée sur une extraction et une importation des mines. Ce qui n’est pas de nature à favoriser une émergence économique de notre pays.

Sur le plan institutionnel, on n’a du mal à comprendre quel héritage il laissera dans  notre pays ? Les institutions sont plus que jamais à terre. Je vais vous donner un exemple. L’assemblée nationale, l’institution dans laquelle je siège. Il est dit dans notre règlement intérieur que les membres du gouvernement dans leur  entièreté doivent être devant les parlementaires une fois par semaine pour débattre des questions d’actualité. C’est une disposition à laquelle ils ne se sont jamais pliés, depuis qu’on n’est installé,  jamais ils n’ont respecté notre règlement intérieur, ça c’est un.

Deuxièmement, on refuse à l’assemblée nationale d’installer la haute cour de justice alors que toutes les institutions devant concourir à son alimentation sont là. C’est l’assemblée nationale, la cour des comptes, la cour suprême et la cour constitutionnelle, on refuse.

La déclaration des biens des membres du gouvernement, du président de la République, du président des institutions n’est toujours pas apparue au moindre journal officiel dans notre pays. Donc beaucoup de violations de la loi. La cour constitutionnelle est plus que jamais affaiblie  parce qu’elle a, à sa tête un président audacieux, qui a osé rappeler le président de la République la disposition de la constitution. Il est aujourd’hui sous le feu de la critique et de l’abandon financier qui fait que son institution s’affaiblit de jour en jour.

Et la cour des comptes est présidée par un ancien ministre de l’Economie et du Budget. Ce qui ne donne aucun crédit au rapport qu’il fera  aussi bien qu’en Guinée qu’à l’extérieur.  Le conseil économique et social, on ne sait pas  à quoi ça sert dans notre pays. Les ministres plus d’une soixantaine, les Guinéens ne connaissent pas plus une dizaine de personnes.

Mais les membres tiennent des plénières quand même?

Je dis, je ne sais pas à quoi ça sert. Les institutions démocratiques de notre pays soit sont absentes soit elles sont dysfonctionnelles. Et cela est un héritage extrêmement dangereux pour notre pays. Les élections, on peine à les organiser. Sept ans après l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir, la Guinée n’a pas achevé un seul cycle électoral  composé des élections locales, communales donc, législatives et présidentielles impossible alors que tous les pays voisins sont à leur deuxième tour de cycles électoraux. Tout ça montre la déliquescence dans laquelle vie notre pays et le risque que cela fait courir à la stabilité  et à la concorde nationale.

Alors, quel est le sort réservé au projet de la réforme de la CENI  qui est inscrit au rôle de la session des lois ?

Je pense qu’il n’y aura pas de suite favorable à cela parce qu’il ne faut pas oublier que la démarche d’Alpha Condé, c’est de gagner du temps, retarder le plus possible l’expression de la défiance dont il a de peuple de Guinée vis-à-vis de sa gouvernance. Donc, il n’organisera pas des élections de bonne foi. Il a fallu trois années pour qu’il  aille aux élections législatives qui étaient prévues six mois après son avènement et à la clé, 54 morts avant les élections et là il ne fera pas les élections communales, il n’organisera pas la CENI, il va laisser le pays en crise avec repli un communautaire puissant.

Parce qu’on entend tous les Kountigui se lever et se dresser en défenseur de leur communauté,  de leur territoire au mépris de l’Etat, de la République parce que j’ai entendu le Kountigui de la Basse Côte dire que quand  un Guinéen va acheter plus de 10 hectares en Basse Côte, il va l’exproprier, je ne sais pas de quel droit il se prévaudra, mais cela montre que l’Etat guinéen est absent. Si chaque communauté doit se construire, se défendre et se juger, c’en est fini pour notre pays.

Vous avez déclaré récemment lors d’une assemblée générale ordinaire de l’UFDG qu’on ne devrait pas attendre 2020 pour créer l’alternance en Guinée. Que voulez-vous dire par là?

Je veux dire que plutôt qu’Alpha aura été déchu de son statut de Chef d’Etat mieux ce sera pour notre pays. Alors, il y a des voies légales pour ça. La voie légale, c’est la procédure de destitution du Chef de l’Etat, une procédure  que l’opposition a engagée au parlement depuis plus d’un an. Nous avons déposé une résolution que le groupe parlementaire du RPG  n’arrive même pas et au mépris de la loi à accepter qu’il soit mis au débat.

Mais si c’était Cellou Dalein qui était au pouvoir et que le RPG arc-en-ciel dépose un tel document. Pensez-vous qu’il allait prospérer?

Dans le respect de la loi, on peut soumettre la question au débat et que les députés de la mouvance décident de voter contre. En ce moment, on a respecté la loi, le sujet a été mis en débat et la conclusion de parlement, c’est le rejet. Mais qu’on refuse que le sujet vienne au débat, cela est un mépris de la loi. Nous ne disons pas que forcément que ça va aboutir à la destitution d’Alpha Condé comme on le souhaite mais quand on propose une proposition de loi, cela doit être traité comme une proposition  de loi transmise au bureau du parlement mise en discutions dans les commissions et soumise en plénière au débat et au vote et que la décision soit prise.

Maintenant si le vote aboutissait positivement comme on le souhaite, c’est Kory Kondiano qui deviendrait pour 90 jours Chef de l’Etat en attendant qu’il organise les élections présidentielles, si cela n’aboutit  pas, on recommence mais on ne soumet même pas la question au débat. En plus de cela, j’ai indiqué clairement que les Guinéens devraient se prévaloir des dispositions de l’article 35 de la déclaration universelle des droits de l’homme qui dit que : «lorsque les gouvernements violent ses propres lois et que le peuple se sent sous oppression, l’insurrection est une chose sacrée pour chaque citoyen ».

Ça, c’est très important. Ça ne veut pas dire que quand Ousmane Gaoual dit, on  appelle à l’insurrection de non ! C’est une révolte non !

Le président est élu pour cinq ans jusqu’en 2020. Il ne faut pas oublier que la légitimité d’un Chef d’Etat, il le tient de son serment. Il n’a pas d’autre légitimité. Le peuple lui confie un pouvoir et il jure devant le peuple de respecter et de faire respecter la constitution. Lorsqu’il viole une seule disposition de cette constitution, c’est une haute trahison.

Je vais vous dire ici les dispositions qu’il viole. Premièrement, Alpha Condé refuse de respecter une disposition  constitutionnelle qui le fait obligation de publier et de déclarer ses biens. Et d’obliger les membres de son gouvernement à faire la même chose et ainsi que les présidents des institutions. C’est une violation de la constitution, elle est minime pour certains mais c’est une violation de la constitution.

La deuxième chose : il refuse de se plier à la disposition de la loi qui l’oblige à organiser les élections six mois après son installation à la présidence de la République, il a refusé. On a fait une liste de 27 points qu’Alpha Condé et son gouvernement violent. Or l’autre aspect de son serment, c’est de faire respecter la loi.  L’assemblée nationale qui aujourd’hui refuse d’installer la Haute Cour de  Justice. Donc Alpha  ne respecte pas et ne fait pas respecter, à partir de là, il n’a plus aucune légitimité.

Donc, la légitimité du Chef de l’Etat, ce qui nous donne l’obligation à tous de respecter la durée de son mandat. C’est la conformité avec laquelle il va se donner obligation de se comporter par rapport à la constitution. Si Alpha ne respecte pas sa constitution, si Alpha ne respecte pas son serment, il n’a plus de légitimité. Il  faut que les Guinéens sachent qu’Ousmane Gaoual n’est pas en train de presser qu’on enlève Alpha parce qu’il ne l’aime pas. C’est la loi qui dit qu’Alpha Condé,  le Chef de l’Etat n’a de légitimité que s’il respecte la Constitution, s’il ne la respecte pas, il n’a plus aucune légitimité et ça c’est la loi.

Venant d’un député sensé  défendre la Constitution, vous ne trouvez pas qu’il s’agit d’un excès de votre part ?    

Je défends la Constitution, je veux qu’Alpha Condé se conforme à  la Constitution, ce n’est pas moi qui ai écrit la loi, ce n’est pas moi qui ai écrit la Constitution, ce n’est pas moi qui ai indiqué qu’Alpha Condé et son Gouvernement doivent faire la déclaration de leurs biens et que ces déclarations doivent être publiées au journal officiel de la République.

Quelle est la portée de la randonnée  du président Cellou Dalein Diallo en Haute Guinée et en Guinée Forestière? Que répondez-vous à ceux qui disent que l’opposition en annonçant toujours des manifestations semble montrer une panne en stratégie ?

Deux choses qu’il faut séparer d’abord. Ça prend la dimension des meetings géants. L’objectif, ce n’était pas ça, mais évidemment, on ne peut pas cacher Cellou Dalein, l’homme est tellement populaire auprès des Guinéens, il est parti sans l’équipe média qui fait des animations lorsque ce sont des meetings. Il est parti tout seul rencontrer les vrais Guinéens, dans leur vie guinéenne dans leur vie  quotidienne. D’abord les écouter, comprendre leurs préoccupations, leurs difficultés, les messages qu’ils ont, leurs attentes par rapport au prochain gouvernement, par rapport au président de la République, par rapport à ceux qui seront   en charge des destinés de ce pays. Il est en tournée d’écoute des Guinéens.

Parce que cette écoute-là, permettra au chef de file de l’opposition qui est le président de l’UFDG de reconstruire son projet de société, son rendez-vous avec les Guinéens en 2020, si l’échéance va jusqu’à ce niveau-là.

Donc, c’est d’abord une tournée d’écoute, aller rencontrer les Guinéens aussi pour les parler dans un langage au-delà de médias pour dire notamment dans une région où il a fait l’objet de beaucoup de stigmatisation. On a tellement caricaturé Cellou Dalein en Guinée Forestière et en Haute Guinée, qu’il est nécessaire qu’il aille dans les familles, dans les cafés, dans les marchés, dans les champs, dans les mines, pour rencontrer ces concitoyens guinéens et leur dire le langage de la vérité. Leur dire, je vous écoute. Je veux vous entendre, je vais prendre en compte vos préoccupations.

Et sous ma gouvernance nul ne sera exclu pour son ethnie, pour son appartenance à tel parti politique ou à telle région de notre pays. Chaque Guinéen sera traité conformément à la loi et aura la chance égale à tous les autres pour pouvoir profiter de sa nation. Ça, c’est un message fondamental qu’il doit dire aux Guinéens les yeux dans les yeux. Et il a commencé par cette région  de la Guinée Forestière et de la Haute Guinée. Donc, c’est un message fort, ce n’est pas habituel dans notre pays qu’un Chef d’Etat ou les candidats prennent leurs bâtons de pèlerin, plusieurs jours, plusieurs semaines pour aller rencontrer les Guinéens et écouter leurs préoccupations parce qu’on a toujours tendance à leur dicter leurs besoins.

Cette fois-ci, nous voulons les écouter, les entendre pour pouvoir mieux répondre à leurs attentes. Donc ça,  c’est le premier choix et puis accessoirement ses rencontres prennent les dimensions des meetings mais ce ne sont pas les meetings là, ce sont les moments les plus importants.

Et à l’occasion de ces meetings, il délivre des messages de paix, d’unité nationale, de concorde pour rappeler aux Guinéens que nous avons beaucoup de choses en commun. C’est que l’histoire commune est là  aussi douloureuse qu’elle ait été, il est important qu’elle soit traduite dans les livres, dans notre patrimoine commun par la vérité, afin que chacun d’entre nous se réconcilie d’abord avec lui et avec les autres ensuite.  Ça c’est un message plus global mais Cellou Dalein,  cette fois-ci, est à l’écoute des Guinéens.

Et pendant ce temps, le président aussi prépare son  comeback au Fouta…                    

Je pense qu’Alpha Condé a un agenda fondamental. C’est un homme en fin de parcours. Il ne faut pas oublier ça. Et c’est un Chef d’Etat en exercice qui est libre d’aller partout. Cette fête à laquelle il va participer à Labé, la journée de l’élevage était prévue avant à Gaoual, je ne sais pas pourquoi, je pense qu’ils ont délocalisé ça pour amener ça à Labé. La Fête de l’élevage, toutes les préfectures sont conviées de venir au Fouta, de venir parler de l’élevage et écouter peut être le Chef de l’Etat sur les propositions qu’il a là-dessus. Ça n’a rien avoir avec la campagne politique même s’il y a toujours des démagogues, des opportunistes qui créent tel ou tel mouvement qui pillent encore les caisses de l’Etat pour mobiliser.

Nous avons entendu qu’à peu près 50 personnes ont été demandées par district et 100 mille par personne pour faire le déplacement de Labé. Beaucoup vont être payés pour être mobilisés, transportés de partout pour venir donner l’illusion au Chef de l’Etat qu’il est populaire. Mais je peux lui dire simplement que les Guinéens ne sont pas dupes. Amener de l’argent, on va consommer parce que nous sommes dans le besoin. Vous avez créé et installé la misère depuis 7 ans. Donnez-nous de l’argent, on va le dépenser, mais cela ne veut pas dire que vous êtes dans nos cœurs.

Que répondez-vous à ceux qui disent que l’opposition en annonçant toujours des manifestations est en  panne en stratégie ? Quelles sont les chances pour les Guinéens de vivre une alternance en 2020 ?

Je pense qu’il ne faut pas dire qu’on est en manque de stratégies. Quelles sont les démarches que le parti politique responsable de l’opposition fait ? Il essaye le dialogue, nous avons aussi, les Guinéens sont témoins, on a eu plusieurs dialogues et des conclusions qui ont satisfait tout le monde. Quel est l’aboutissement ? Lorsqu’il n’y a pas de dialogue, lorsqu’il n’y a pas de compromis, lorsqu’il y a la mauvaise foi manifeste dans un camp, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? On ne va pas prendre les armes contre le gouvernement. On ne va pas dire qu’on va plus être des Guinéens, on ne va pas renoncer à notre terre, à notre nationalité, à notre pays ! Qu’est-ce qu’on peut faire ?

Si  la manifestation publique permet de faire bouger les lignes, mais oui ! On utilisera certes cette voie. Ce n’est pas un manque de stratégie. Ça veut dire aujourd’hui que ce sont les leviers de pression qui nous restent pour faire avancer la cause de la Guinée.

Est-ce que vous ne craignez pas ces visites de Paul Kagamé et autres Présidents qui ont tripatouillé leurs constitutions? Alpha Condé peut-il selon  vous, bénéficier de soutiens de ses pairs là pour parler d’un éventuel troisième mandat?

Disons que je note bien ces visites hein, qui sont des visites protocolaires. Noter, ce ne sont pas celles-ci qui vont être déterminantes pour une éventuelle modification de la constitution. Il faut tenir compte aussi des histoires hein ! L’histoire du Rwanda et celle de la Guinée ne sont pas les mêmes. Même si Kagamé a réussi par un extraordinaire miracle à faire de son pays, un pays émergent, développé et tout. Je ne partage pas du tout l’idée qu’il s’est fait d’être un homme unique, providentiel capable de tout transformer et que sans lui ce serait le chaos, ce serait un échec patent.

Il faut que le Président Kagamé cède la main, s’il est capable de transformer le pays, il doit pouvoir créer un successeur capable de continuer son ouvrage et ça c’est fondamental dans la démocratie. Donc si vous croyez que vous êtes seul, je ne partage pas vos opinions.

En ce qui concerne notre président, il n’a rien fait sur notre économie sur le renforcement des institutions, sur la démocratie, la cohésion nationale, sur le renforcement de l’unité entre les  communautés de notre pays, il n’a pas fait évoluer la Guinée de 2010 à maintenant. Donc, sur ce plan, là,  il ne peut se prévaloir d’aucune légitimité. Je ne pense pas que les Guinéens soient dans une situation d’attendre qu’un Chef de l’Etat puisse   modifier la loi pour s’éterniser au pouvoir. La génération guinéenne de 2017 n’acceptera jamais cela.

Alors que pensez-vous de cette idée de l’indépendance financière de l’Union Africaine. On peut dire que c’est l’objectif de la rencontre ici  à Conakry de ces trois Chefs d’Etat ?

Bon, il faut tenir compte du fait que notre Chef de l’Etat a pris l’habitude de dire des choses qui sont contraires à sa pratique. La Guinée ne peut même pas couvrir son budget. Notre budget, c’est à peine 1,5 milliards de dollars qu’on ne peut pas couvrir en totalité. On est obligé de demander de l’aide extérieure pour équilibrer notre budget. Il faut qu’on arrête, lorsque l’Afrique est composée des pays incapables d’assurer leurs propres budgets, comment voulez-vous que les institutions que nous avons en partage soient indépendantes financièrement ? Par pays, on n’est pas indépendant de ce point de vue. Et puis, qu’est-ce que ça veut dire, ce qu’on attend de nos pays, est-ce que c’est l’indépendance ? L’indépendance, c’est un Etat d’esprit. Il faut qu’ils sortent des années 60.

Nous, nous ne nous sentons pas être la colonie de qui que ce soit. Les Français, les Macrons et tout, c’est des gens avec lesquels nous étudions, nous grandissons, nous partageons le monde, les technologies et nous avons aucun complexe par rapport à eux. C’est les Alpha qui ont été des colonisés, nous n’avons pas été des colonisés. Donc cette idée-là de sortir de l’indépendance, il faut qu’ils oublient ça. Nous sommes dans l’interdépendance. Nous, nous sommes dans l’interdépendance, les Africains ont besoin de l’Occident, ont besoin des Etats Unis, de la Chine.

Les Chinois ont besoin de l’Afrique, de la Guinée, de sa richesse, de sa bauxite, nous avons besoin de la technique des autres et c’est de ces échanges que notre pays va émerger. Il faut oublier ces idées des années 50. Vous voulez être indépendants, ça ne veut rien dire. Aujourd’hui, l’économie américaine est dominée par des capitaux arabes, par des capitaux asiatiques qui contrôlent l’essentiel de l’économie américaine.

L’économie européenne est dominée par des entreprises américaines. Les Africains, notre économie est essentiellement dominée par des entreprises européennes et asiatiques. Cela ne doit effrayer personne. Ça ne veut pas dire qu’on est des colonies simples, nous dépendons de ça. Et nous devons pouvoir tirer profit de cette interdépendance pour valoriser notre potentiel naturel, les richesses naturelles et profiter de cette étape là pour le transfert de technologies, afin que demain après l’exploitation des ressources naturelles que d’autres sources de revenus puissent venir notamment en valorisant le transfert des compétences qu’on aura reçues des pays qui viennent en attendant acheter nos ressources. Donc il faut oublier cette idée un peu populiste des années 60.

Une synthèse d’Alpha Amadou Diallo