Le chef de l’État, Pr. Alpha Condé, a une nouvelle fois, pointé un doigt accusateur sur la gestion faite par les dirigeants des précédents régimes qui, pour lui, sont à la base de la plupart des maux dont souffre la Guinée dans son processus de développement.

Le numéro un guinéen n’est donc pas passé par mille chemins, pour réitérer que la plus grande responsabilité du retard de la Guinée incombe à la Deuxième république ou régime militaire qui, selon lui, au lieu de privatiser, plutôt « a fait passer le patrimoine national aux mains des étrangers ».

« Ce qui manque à la Guinée, c’est la mémoire historique. Nous ne savons pas capitaliser sur notre histoire. C’est vrai que la colonisation nous a fait souffrir, mais elle avait des aspects positifs. Ce que les gens oublient toujours, c’est que la vie d’un pays, ce n’est pas seulement le gouvernement, c’est aussi le peuple », a déclaré Alpha Condé à l’occasion du Forum du secteur privé sur le programme des zones spéciales de transformation agro-industrielle (PD-ZSTA), tenu à Conakry, ce 22 juillet.

« Lorsque nous avons pris notre indépendance, poursuit-il, on n’a pas su faire l’analyse entre les aspects négatifs et positifs de la colonisation. Moi, je n’ai pas le complexe de dire que le meilleur plan de développement en Guinée a été fait par le gouverneur Roland Pré, en 1949-1950. Et que si, au lieu de tout rejeter de la colonisation, nous avions su faire la part des choses, tout en capitalisant, nous aurons pu mieux nous développer. Parce que le programme de Roland Pré allait non seulement théoriser sur le développement de l’agriculture, mais aussi sur la transformation de nos matières premières… Mais malheureusement, nous avons tout rejeté. Donc, au lieu de laver le bébé et jeter l’eau sale, nous avons jeté le bébé avec l’eau sale ».

Selon Alpha Condé, « la Première république était un régime étatiste, mais qui avait travaillé, malgré les insuffisances. La Deuxième république est venue… Sous l’impulsion de nos amis du Fonds monétaire cette fois, nous avons tout rejeté. Les banques, les entreprises, il faut privatiser ; mais vous allez privatiser dans un pays où il n’y a pas d’hommes d’affaires nationaux. Nous, on n’a pas privatisé, on a fait passer le patrimoine national aux mains des étrangers qui se sont empressés de fermer… La Deuxième république a diabolisé les coopératives ».

Pour terminer le locataire du palais Sékhoutouréah a déclaré : « On ne peut pas dire, tout ce qui a été fait avant que vous ne soyez président est mauvais. Bien sûr que la Guinée a eu beaucoup de retard, mais tout n’est pas négatif. Il faut que nous sachions sérier ce qui n’était pas bien, pour que nous pussions continuer sur ce qui est positif, parce qu’il n’y a pas que le gouvernement, il y a la vie du peuple et il y a des réalisations faites par le peuple. Si on rejette, c’est-à-dire qu’on rejette en même temps le peuple ».

Mohamed Soumah Guinee7.com

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