Le fait d’avoir proposé devant le président  français que le statut de Cellou Dalein Diallo en tant que chef de file de l’opposition allait être adopté par le parlement, est perçu comme une manœuvre visant à faire diversion, et à faire preuve de bonne figure aux yeux de son hôte. Quand on sait que le chef de l’Etat venait juste de traiter ses opposants de tous les noms d’oiseaux lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée à la veille de la visite de François Hollande en Guinée.

Certains analystes au fait de la chose juridique disent que la constitution guinéenne ne prévoit nulle part dans ses articles un tel statut. Ce qui n’écarte pas le fait qu’une loi organique puisse néanmoins être votée pour combler ce vide juridique. Maintenant que c’est dit par le président lui-même, ce sera fait. Seulement le fait d’attendre la présence d’un hôte de cette marque qu’est Hollande pour faire une telle annonce ne pourra paraître aux yeux des gens que comme une démarche entreprise à contre cœur. Une façon de calmer la tempête après la sortie musclée de la semaine dernière lors de laquelle l’opposition a reçu un véritable savon. « Des nains politiques, de petits rigolos et de petits comptables », tels étaient entre autres les vocables employés pour qualifier les opposants.  Mais au sein de l’opposition la lecture qu’on y  fait est aussi celle de vouloir les diviser. Le pouvoir tenterait ainsi coûte que coûte à rompre l’alliance qui unit l’UFDG et l’UFR. Les deux principaux partis de l’opposition. Une telle scission ne pourrait que mettre de l’eau au moulin de la mouvance présidentielle dans la perspective de la présidentielle de 2015.  Surtout  que déjà, la question de candidature unique qui est en train de saper l’entente au sein de cette alliance ferait des heureux au sein de la mouvance.

Mamady Kéita in Le Démocrate, partenaire de guinee7.com

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